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Arthur Dreyfuss, Président de la Fédération Française des Télécoms (FFTélécoms), est intervenu sur France Info le 1er avril 2020 pour répondre aux questions du journaliste et des auditeurs relatives aux zones blanches.

Extraits :

« Il y a une mobilisation exceptionnelle pendant que l’on se parle : des milliers de techniciens et d’ingénieurs des opérateurs télécoms pour régler les situations compliquées. (…) Que ce soit les équipes techniques ou des services clients d’SFR, Orange ou Bouygues Telecom, nous sommes mobilisés 24h/24 et nous travaillons d’arrache-pied pour s’assurer que les réseaux fonctionnent (…) Nous sommes confrontés parfois à de la lourdeur administrative qui ne nous permettent pas nécessairement de circuler librement. (…) Jamais nous n’avons autant déployé de fibre optique. Jamais nous n’avons autant installé de sites 4G sur le territoire. Cette période nous conforte dans l’idée qu’il faut continuer et qu’il faut accélérer. »

Arthur Dreyfuss, Président de la Fédération Française des Télécoms (FFTélécoms), est intervenu sur France Inter le 29 mars 2020 dans l’émission “Le Téléphone sonne” avec Cédric O, Secrétaire d’État chargé du Numérique.

Sur les déploiements de la fibre :

« Les opérateurs ont un programme de déploiement sans précédent dans la fibre : 19 000 prises par jour avant le confinement. Aujourd’hui, les difficultés sur le terrain sont nombreuses, notre priorité est de s’assurer que le réseau fonctionne. »

Sur la fracture numérique :

« Il faut déployer les infrastructures numériques, ce que font les opérateurs, mais il faut accompagner l’ensemble des publics dans cette vie numérique pour qu’il n’y ait plus d’exclus du numérique. (…) Les opérateurs proposent des offres 4G fixes éligibles au guichet “Cohésion numérique des territoires” du Gouvernement, dans les zones très mal desservies en internet fixe avec une subvention pour s’équiper. »

Sur la crise actuelle :

« Les opérateurs Orange, Bouygues Telecom, SFR ont adapté certains forfaits et ont tous des initiatives solidaires : par exemple, envoi de plus de 75.000 recharges, 20.000 téléphones et 700.000 Go de data à des publics démunis. »

Sur l’environnement :

« Le voyage, le transport… Le numérique permet des économies d’énergies fondamentales durant cette crise exceptionnelle. Les opérateurs sont extrêmement précautionneux sur ces questions-là. »

Replay de l’émission

Face à la crise sanitaire sans précédent que connaît notre pays, des millions de Français sont contraints à rester chez eux pour une durée indéterminée.

Le télétravail a été multiplié par 7 ces derniers jours. Le trafic voix par 2 et par 3 à certains moments de la journée. Avec le confinement, nous pouvons communiquer avec l’extérieur, nos collègues, nos professeurs, nos proches grâce aux outils numériques, smartphone, téléphone, ordinateur… Les opérateurs télécoms qui installent, maintiennent, nos infrastructures ont un rôle essentiel au bon fonctionnement du pays et de l’économie.

Le Ministre en charge du Numérique Cédric O l’a souligné lors d’un message sur Twitter le 18 mars :

« En ces heures où nous suivons avec une grande vigilance la situation des réseaux télécoms, je veux dire ma reconnaissance à l’ensemble des équipes des opérateurs qui en assurent la maintenance dans des conditions difficiles. Grâce à eux cette infrastructure essentielle fonctionne. »

Arthur Dreyfuss, Président de la Fédération Française des Télécoms (FFTélécoms), rappelle que :

« Plus de 15 000 techniciens et ingénieurs s’activent durant cette période inédite pour veiller au bon fonctionnement des réseaux (…) L’ensemble des opérateurs français restent en permanence en lien avec les pouvoirs publics pour nous assurer que tout cela fonctionne bien. »

Mais dans cette période exceptionnelle, chaque Français doit faire preuve de civisme numérique.

Adoptons ensemble les bons réflexes sur Internet pour permettre à tous de continuer à communiquer, travailler, étudier et s’informer, notamment en suivant nos recommandations suivantes :

  • Privilégiez les réseaux fixes et le Wi-Fi, pour la voix et la data – #TousEnWifi ;
  • Optez pour la qualité « SD » pour tous les contenus vidéos (par exemple : sur YouTube, dans les paramètres, passez de la qualité 1080p à 480p) ;
  • Choisissez les heures creuses de la nuit pour les téléchargements volumineux (films, mises à jour).

Vidéo | #SolidaritéNumérique · Adoptons les bons réflexes sur Internet :

Transcription de la vidéo (MS Word, 139 KB)

Document | Mon mobile Ma santé – Brochure 2020 :

https://www.slideshare.net/fftelecoms/mon-mobile-masantefftelecoms2020/fftelecoms/mon-mobile-masantefftelecoms2020

Principaux faits :

L’usage du téléphone portable est généralisé et on estime à 7,7 milliards le nombre des abonnés dans le monde.

Les champs électromagnétiques produits par les téléphones portables sont classés par le Centre international de Recherche sur le Cancer dans la catégorie des cancérogènes possibles pour l’Homme.

Des études visant à évaluer plus complètement les effets potentiels à long terme de l’utilisation des téléphones portables sont toujours en cours.

L’OMS procède régulièrement à une évaluation formelle du risque pour tous les effets sur la santé dus à une exposition à des champs de radiofréquences.

Que dit l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ? Y-a-t-il des effets sur la santé ?

Un grand nombre d’études a été mené au cours des deux dernières décennies pour déterminer si les téléphones portables représentent un risque potentiel pour la santé. À ce jour, il n’a jamais été établi que le téléphone portable puisse être à l’origine d’un effet nocif pour la santé.

Aide-mémoire n°193 de l’OMS sur le téléphone mobile, octobre 2014 dont sont extraites ces citations.

En France, que disent l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES) et le ministère de la Santé ?

« L’ANSES souligne dans un avis du 21 octobre 2019 que certains éléments d’expertise, bien que limités, mettent en évidence des effets biologiques sur l’activité cérébrale en cas d’exposition à un niveau de DAS [Débit d’Absorption Spécifique] supérieur à 2 W/kg. Ils ne permettent pas de conclure à l’existence ou non d’effets sur d’autres fonctions biologiques spécifiquement associées à de telles expositions au niveau du tronc. »

Communiqué du ministère de la Santé du 19 novembre 2019.

« Les travaux d’expertise menés par l’Agence sur la base des données actuelles issues de la littérature scientifique internationale ne permettent pas de conclure à l’existence ou non d’effets des radiofréquences chez l’enfant sur le comportement, les fonctions auditives, le développement, le système reproducteur mâle et femelle, le système immunitaire et la toxicité systémique, ni d’effets cancérogènes ou tératogènes. En revanche, l’Agence conclut à un effet possible de l’exposition aux radiofréquences sur le bien-être des enfants et leurs fonctions cognitives (mémoire, fonctions exécutives, attention). Les effets observés sur le bien-être pourraient toutefois davantage être liés à l’usage des téléphones mobiles plutôt qu’aux radiofréquences qu’ils émettent. »

Communiqué de l’ANSES du 8 juillet 2016 sur l’exposition des enfants aux radiofréquences.

« L’évaluation des risques liés à l’exposition aux radiofréquences ne met pas en évidence d’effet sanitaire avéré et ne conduit pas à proposer de nouvelles valeurs limites d’exposition de la population. Elle pointe toutefois, avec des niveaux de preuve limités, différents effets biologiques chez l’Homme ou chez l’animal. Par ailleurs, certaines publications évoquent une possible augmentation du risque de tumeur cérébrale, sur le long terme, pour les utilisateurs intensifs de téléphones portables. Compte tenu de ces éléments, dans un contexte de développement rapide des technologies et des usages, l’ANSES recommande de limiter les expositions de la population aux radiofréquences en particulier des téléphones mobiles, notamment pour les enfants et les utilisateurs intensifs, et de maîtriser l’exposition générale résultant des antennes-relais. »

Communiqué de l’ANSES relatif à son avis du 15 octobre 2013 sur les radiofréquences.

Réglementation – Le DAS (Débit d’Absorption Spécifique).

Il quantifie le niveau d’exposition maximal aux ondes radio quand l’appareil fonctionne à puissance maximale et s’exprime en watts par kg. Trois types de DAS sont définis :

  • le « DAS tête » qui reflète l’usage du téléphone à l’oreille, en conversation ;
  • le « DAS tronc » associé aux usages d’un téléphone, d’une tablette … qui sont portés près du tronc ;
  • le « DAS membre » qui correspond à un usage d’un téléphone, d’une tablette, d’une montre connectée plaqués contre un membre, comme par exemple lorsqu’ils sont tenus à la main, portés dans un brassard, sur le bras ou dans la poche d’un pantalon.

En Europe, 2 W/kg est la limite de DAS qui ne doit jamais être dépassée pour l’exposition aux ondes radio de la tête et du tronc et 4W/kg pour les membres.

En France, tous les mobiles commercialisés ont ainsi l’obligation réglementaire d’avoir des DAS inférieurs à 2 W/kg pour la tête et tronc et 4W/kg (arrêté du 8 octobre 2003 tel que modifié par l’arrêté du 15 novembre 2019 « fixant les spécifications techniques applicables aux équipements radioélectriques »).

Ces limites de 2 W/kg et 4W/kg, recommandées par l’OMS, ont été confirmées par l’ANSES dans son avis d’octobre 2013 sur les radiofréquences.

Ces DAS figurent sur différents supports et en boutique (notice du fabricant, catalogue commercial, sur toutes publicités de ces équipements, sites web…), ainsi que sur l’application Open Barres de l’ANFR pour les mobiles Android.

En termes d’exposition aux ondes radio, les terminaux pour la 5G sont soumis aux mêmes limites réglementaires de DAS que les terminaux pour les précédentes technologies (2G, 3G et 4G).

Mise à jour 02/07/2020 | Équipements radioélectriques : à partir du 1er juillet 2020, l’affichage du DAS est renforcé pour une meilleure information du public.

En savoir plus sur le site de l’ANFR

Recommandations – Ce que vous pouvez faire pour limiter l’exposition aux ondes radio émises par le téléphone mobile.

Utilisez un kit oreillette (ou kit piéton) pendant les appels téléphoniques.

Vous réduisez votre exposition dès que vous éloignez le mobile de votre corps (tête et tronc). Téléphoner avec un kit oreillette permet ainsi de diviser l’exposition au téléphone mobile d’un facteur allant jusqu’à 400. Ce conseil vaut particulièrement pour les utilisateurs les plus intensifs. Il est conseillé aux femmes enceintes qui utilisent un kit oreillette d’éloigner le mobile du ventre et aux adolescents de l’éloigner du bas ventre. Il convient également de respecter les conditions d’usage qui sont fixées par le fabricant dans la notice de l’appareil. Celle-ci peut indiquer une distance à maintenir entre le tronc et le mobile en communication.

Téléphonez de préférence dans les zones où la réception radio est de bonne qualité.

Votre mobile ajuste automatiquement sa puissance d’émission en fonction des signaux radio qu’il reçoit du réseau de votre opérateur. Quand la réception radio est de bonne qualité (4 ou 5 barrettes sur l’écran de votre téléphone), votre mobile émet plus faiblement – ce qui réduit d’autant votre exposition aux ondes radio.

Incitez vos enfants et adolescents à faire une utilisation modérée et raisonnée du téléphone mobile si vous décidez de les équiper

Veillez également à les informer des moyens permettant de réduire l’exposition quand ils communiquent avec leur mobile. Si des effets sanitaires étaient mis en évidence, les enfants et adolescents pourraient être plus sensibles, étant donné que leur organisme est en cours de développement. Les inciter à un usage raisonné du téléphone mobile, par exemple, en évitant les communications nocturnes et en limitant la fréquence et la durée des appels.

À savoir en plus sur l’exposition aux ondes radio.

Lors du choix de votre terminal, consultez la valeur et les mentions relatives au DAS mises à disposition. L’ANSES recommande, de « privilégier l’acquisition de téléphones affichant les DAS les plus faibles » (communiqué du 15 octobre 2013).

Quand j’envoie un SMS, un e-mail ou surfe sur Internet, mon exposition aux ondes radio est bien plus faible qu’avec le téléphone à l’oreille. En effet, ces usages nécessitent que l’on regarde l’écran du téléphone mobile et par conséquent que l’on tienne le mobile éloigné de sa tête et de son tronc – ce qui réduit l’exposition par rapport à un téléphone tenu contre l’oreille.

Quelle efficacité pour les dispositifs « anti-ondes » ? Dans son rapport 2013, l’ANSES indique que l’étude « conduite sur 13 dispositifs et 3 téléphones mobiles GSM900 et 1800 MHz ne montre aucun effet probant de ces dispositifs sans une altération des performances du téléphone mobile. » La Direction Générale de la Concurrence, de la consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) à la suite de son enquête de 2015 sur les conditions de commercialisation des dispositifs « anti-ondes » pour les téléphones mobiles, précise que la plupart des argumentaires pour vendre ces produits sont sans fondement, basés sur des études « non reconnues officiellement » et usent d’un vocabulaire « fantaisiste ou entièrement inventé ».

Sécurité et restrictions d’usage.

Comme tous les appareils électriques, n’utilisez pas votre smartphone branché au secteur dans votre bain, ou dans un milieu humide.

Respectez les restrictions d’usage spécifiques à certains lieux (hôpital, avion, station- service, établissements scolaires …). Respectez les consignes de sécurité propres à certains lieux et éteigniez votre téléphone mobile chaque fois que cela vous est demandé.

N’utilisez pas votre mobile en conduisant. Utiliser un mobile en conduisant, avec ou sans kit mains-libres, constitue un réel facteur d’accident grave et est passible de sanctions pénales.

N’écoutez pas de la musique avec votre téléphone mobile à un niveau sonore élevé pendant une longue durée. Cela peut dégrader l’audition de façon irrémédiable.

Si vous portez un implant électronique (pacemaker, pompe à insuline, neuro-stimulateur…), éloignez le téléphone mobile d’au moins 15 cm de cet implant et utilisez le téléphone mobile uniquement du côté opposé à celui de l’implant. Il vous est recommandé de parler de ce sujet avec votre médecin car celui-ci connaît les caractéristiques de votre appareil médical.

Consultez la notice d’emploi élaborée par le fabricant.

Pour en savoir plus :

La Fédération Française des Télécoms est une association, régie par la loi de 1901, qui a pour objet de promouvoir le développement durable et responsable du secteur des communications électroniques et des entreprises qui le composent, en favorisant l’innovation, l’emploi et la qualité du service rendue aux utilisateurs.

Fédération Française des Télécoms
11-17 rue de l’Amiral Hamelin
75116 Paris

Membres de la FFTélécoms : Altice-SFR ; Arteria ; Bouygues Telecom ; Colt Technology Services ; Euro-Information Telecom ; Hub One ; IP Directions ; La Poste Mobile ; Legos ; Manifone ; Odigo ; Orange ; Prixtel ; RATP Connect ; Syma ; Verizon France ; Worldline.

Conception, réalisation : Cithéa. – www.cithea.com.

Délivré par l’association BrailleNet et valable pour une durée de deux ans (jusqu’en février 2022), ce label atteste que notre site est conforme aux critères d’accessibilité.

La Fédération Française des Télécoms (FFTélécoms) s’est mobilisée pour concevoir un site internet accessible et responsive. L’ambition est d’offrir un maximum de confort de consultation à tous les publics et dans toutes les situations. Le label Argent compte 102 critères dans 13 thématiques (navigation, structuration, images, liens…). Il s’agit d’une étape supplémentaire dans l’ambition portée par la Fédération de rendre les contenus numériques accessibles au plus grand nombre. Cette démarche avait été initiée avec le sous-titrage des vidéos de la Fédération et s’est poursuivie avec la production de fiches pratiques sur les télécoms en FALC (Facile À Lire et à Comprendre).

EN SAVOIR PLUS

Didier Casas, Vice-président de la Fédération Française des Télécoms (FFTélécoms), était “l’invité éco” sur France Info le 3 février 2020 face à Emmanuel Cugny au sujet des fréquences 5G et de Huawei.

Extraits :

« Au moment où nous nous parlons, nous ignorons ce que souhaite faire le Gouvernement français. Il y a urgence. Le Gouvernement ne nous dit pas aujourd’hui clairement si il souhaite que Huawei soit interdit en France, dans quelles régions, villes, dans quel délai, à quelles conditions. (…) Les opérateurs sont engagés dans un objectif de déploiement accéléré de la 5G, les fréquences seront vendues aux opérateurs pour plusieurs milliards d’euros dans quelques semaines. (…) les opérateurs télécoms sont dans les starting-blocks, et au fond on ne sait pas avec quel ciment nous devons monter les murs ! (…) Aux États-Unis, les opérateurs sont accompagnés dans cette interdiction d’utiliser un équipementier. En France, si un équipementier devait être interdit il faudrait que certaines entreprises démontent jusqu’à la moitié de leur réseau télécom, c’est plusieurs milliards d’euros. (…) Nous allons devoir payer pour les fréquences 5G, qui sont la propriété de l’État. C’est plusieurs milliards d’euros d’investissements pour les opérateurs télécoms. (…) Nous sommes très engagés dans des plans d’économie d’énergie très importants. Nous sommes attentifs au sujet des conséquences éventuelles des radios fréquences sur la santé. »

Vidéo | 5G/Huawei – Interview de Didier Casas, Vice-président FFTélécoms, sur France Info :

Transcription de l’interview (MS Word, 138 KB)

Transcription :

[Emmanuel Cugny, journaliste France Info] Bonsoir à tous. L’Internet 5G va bientôt faire son apparition en France. Vous le savez, il s’agit de l’Internet ultra-rapide, encore mieux que la fibre, encore mieux que la 4G. En tout cas, elle concernera les entreprises avant les particuliers mais représentent déjà de forts enjeux économiques et financiers. Bonsoir Didier Casas.

[Didier Casas, Vice-président de la Fédération Française des Télécoms] Bonsoir.

[Emmanuel Cugny] Vous êtes Vice-président de la Fédération Française des Télécoms, par ailleurs, Directeur général adjoint de Bouygues Telecom. Le déploiement de la 5G est devenu aussi un enjeu très diplomatique. Faut-il accepter ou interdire le chinois Huawei est sur le sol français ?

[Didier Casas] Écoutez, ce que je constate d’abord c’est que ça n’est pas ce que demandent nos amis britanniques qui viennent de décider l’inverse. Ça n’est pas non plus si j’ai bien lu ce que demande le commissaire européen Thierry Breton, qui vient d’expliquer, publiquement, que Huawei était le bienvenu en Europe. Et, j’allais vous dire que, si d’aventure, Huawei devait être interdit en France, ce serait au gouvernement français de le dire, bien sûr, et nous serions d’ailleurs nous, opérateurs, très intéressés à ce qu’il nous dise rapidement. Parce qu’on nous demande, par ailleurs, d’investir beaucoup dans la 5G qui va arriver…

[Emmanuel Cugny] On va y revenir en détail Didier Casas mais en fin de semaine dernière, l’Europe a laissé la porte ouverte au chinois Huawei que l’on sait accusé par les américains d’espionner au profit du régime communiste à Pékin. Est-ce que… On a bien entendu votre position sur la nécessité de travailler ensemble. Mais est-ce que, contrairement à l’Europe, la France est sur la même ligne et accepterait Huawei aujourd’hui ?

[Didier Casas] C’est ce que je vous disais. Au moment où nous nous parlons, en réalité nous ignorons ce que souhaite faire le gouvernement français. Et le problème c’est qu’il y a urgence, parce que…

[Emmanuel Cugny] En tout cas, le gouvernement est timoré, beaucoup plus que l’Europe, ça c’est clair.

[Didier Casas] En tout cas, le gouvernement ne nous dit pas clairement aujourd’hui s’il souhaite que Huawei soit interdit en France. S’il souhaite qu’il soit interdit, quand le serait-il ? Dans quelle région ? Sur quelle ville ? Dans quels délais ? À quelles conditions ? Avec quelles conséquences pour les opérateurs ? Notamment sur le déploiement de la 5G. Je vous le disais, nous sommes actuellement engagés, et le gouvernement n’y est pas pour rien, dans un objectif de déploiement accéléré de la 5G. On se propose de nous vendre des fréquences à plusieurs milliards d’euros dans quelques semaines maintenant. Nous sommes dans les “starting blocks” et, au fond, on ne sait pas avec quel ciment nous devons monter les murs.

[Emmanuel Cugny] Si l’État met des barrières vous demanderez des compensations financières par exemple ?

[Didier Casas] En tout cas ce qui paraît certain, c’est que nous ne voyons pas pourquoi il en serait autrement. Regardez ce qui se passe aux États-Unis, le Président Trump a expliqué très clairement qu’il ne souhaitait plus qu’un certain nombre d’équipementiers équipe les opérateurs américains. Et il a décidé, fort logiquement, que les entreprises américaines seraient accompagnées financièrement dans cette transition. Si un équipementier, Huawei par exemple, exemple devaient être interdits en France il faudrait que certaines des entreprises du secteur des montres jusqu’à la moitié de leurs réseaux télécoms, c’est plusieurs milliards d’euros d’investissement qui est sur la table.

[Emmanuel Cugny] Didier Casas, est-ce qu’il n’existe pas quand même des solutions annexes ? Vendredi, Stéphane Richard, le patron du groupe Orange, a annoncé qu’il allait travailler avec Nokia et Ericsson. Donc il n’y a pas que Huawei finalement. Et puis Thierry Breton, le commissaire européen au marché intérieur, vous l’avez dit, affirme haut et fort que l’Europe est à la pointe aujourd’hui contrairement à ce que disent les allemands sur la 5G. Donc il y a peut-être des solutions alternatives.

[Didier Casas] Bien entendu il y a des solutions alternatives. Bouygues Télécom, par exemple, travaille avec d’autres équipementiers : avec Ericsson, avec Nokia… et il est naturel que dans ce secteur comment dans d’autres, la concurrence joue. Vous parliez d’Orange : j’observe qu’Orange n’utilise pas Huawei en France mais partout ailleurs dans le monde là où il réalise, je crois à peu près la moitié de ses revenus, il utilise massivement Huawei. Donc Huawei est un acteur important mais il en existe, d’autres c’est un fait.

[Emmanuel Cugny] Il y a quatre grands opérateurs téléphoniques aujourd’hui en France : Orange, Bouygues Télécom, que vous représentez, SFR et Free mobile. Vous allez devoir vous partager le gâteau de ces milliards d’euros de fréquences. Les enchères auront lieu en avril [2020] c’est cela ?

[Didier Casas] Oui, les enchères iront auront lieu en avril. Si je peux me permettre cette remarque : nous n’allons pas “nous partager le gâteau des milliards d’euros fréquences”, nous allons devoir payer les milliards d’euros pour les fréquences, ce qui est un peu…

[Emmanuel Cugny] Vous allez vous répartir les sommes.

[Didier Casas] Voilà, on va devoir se répartir le paiement de ces sommes. Mais c’est bien ce que vous vouliez dire… Donc les enchères vont avoir lieu très vite. Il va falloir bien sûr que chacune des quatre entreprises détermine sa stratégie selon ses objectifs, selon ses moyens aussi, selon ce qu’elle peut faire et puis j’insiste…

[Emmanuel Cugny] Ça coûte combien, en gros aujourd’hui, d’installer les réseaux 5G ? Parce que ce sont de très lourds investissements.

[Didier Casas] Vous savez, pour faire de la 5G – comme la 4G, comme la 3G, comme la 2G – il faut, on n’a jamais rien inventé d’autres, il faut trois choses : il faut des fréquences, des téléphones et de l’électronique. Et l’électronique c’est la question de Huawei, Nokia, Ericsson, dont on a parlé juste avant. Les téléphones : eh bien c’est Apple, Samsung, Huawei et les autres qui les fabriquent. Et puis il faut bien sûr des fréquences qui sont la propriété de l’État et que nous achetons. Ça coûte plusieurs milliards d’euros d’investissement.

[Emmanuel Cugny] Vous les avez aujourd’hui ces milliards ?

[Didier Casas] Oui bien sûr, l’industrie se prépare pour les avoir…

[Emmanuel Cugny] Donc l’État n’a pas besoin de vous aider ?

[Didier Casas] Non, l’industrie n’a jamais demandé que l’État l’aide à acheter des fréquences. Et d’ailleurs franchement, si nous lui demandions, je ne crois pas qu’il l’accepterait.

[Emmanuel Cugny] Didier Casas, il y a donc quatre grands opérateurs aujourd’hui en France. Est-ce qu’il n’y en a pas un de trop ?

[Didier Casas] Ah, vieille question. Écoutez, j’ai le sentiment qu’à 4, aujourd’hui, nous vivons convenablement, que la concurrence est animée, que les Français sont heureux de pouvoir bénéficier de la concurrence entre quatre opérateurs. J’ai le sentiment aussi que les pouvoirs publics sont pas très favorables à ce qu’il y en ait moins… Bref. Je ne crois pas que les conditions soient réunies en tout cas au moment où nous nous parlons et que je sache pour qu’il y ait un opérateur en moins, ou deux ou trois en moins…

[Emmanuel Cugny] Le secteur de la téléphonie est lui aussi concerné par les questions environnementales et ce matin, dans le quotidien Les Échos, le patron d’Orange, Stéphane Richard, a dit qu’il veut atteindre “le zéro carbone dix ans avant le reste de l’industrie.” Il rejette en gros un million et demi de tonnes de Co2 par an pour le groupe Orange. C’est une préoccupation pour tous les opérateurs aujourd’hui ?

[Didier Casas] Oui bien sûr. Tous les opérateurs, Orange… Stéphane richard l’a dit. Mais tous les opérateurs sont préoccupés par ce sujet. Nous sommes tous engagés dans des plans d’économies d’énergie très important. Considérez que, ça ne paraît rien, mais, en fait, pour faire fonctionner nos réseaux, fixes ou mobiles, nous consommons énormément d’énergie. Ce qui coûte beaucoup à nos entreprises. Donc nous sommes engagés dans de puissants plans d’économies d’énergie. Et puis nous sommes aussi très préoccupés de l’intégration de nos réseaux mobiles, notamment les fameuses antennes, dans le paysage…

[Emmanuel Cugny] Ce qui peut poser certains problèmes sanitaires pour certains.

[Didier Casas] Et puis nous sommes attentifs, pour l’instant il n’y a pas de problème sanitaire avéré, mais nous sommes attentifs aux sujets de, notamment effectivement, des conséquences éventuelles des radiofréquences sur la santé.

[Emmanuel Cugny] Merci beaucoup Didier Casas, Vice-président de la Fédération Française des Télécoms, bonsoir.

Arthur Dreyfuss, Président de la Fédération Française des Télécoms, est intervenu sur France Culture le 30 décembre 2019 au sujet de la 5G dans les entreprises et l’industrie :

Replay audio | Interview d’Arthur Dreyfuss sur France Culture :

Le 18 décembre 2019, le contrat stratégique de la filière “Infrastructures numériques” a été signé par Agnès Pannier-Runacher, Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances et Didier Casas, Président du Comité stratégique de filière (CSF) et Vice-président de la Fédération Française des Télécoms (FFTélécoms) en présence de tous les acteurs et partenaires sociaux. L’événement a eu lieu au Pôle Systematic Paris-Région à Palaiseau.

Ce contrat concrétise le fruit d’un an de travail, réunissant quatre fédérations (FFTélécoms, InfraNumSYCABEL et l’AFNUM), 300 à 400 entreprises de toutes tailles, quatre ministères, de nombreuses agences d’administration, tous ensemble pour relever les défis de la 5G, des territoires intelligents, de l’emploi et de l’international.

Présentation du CSF

En effet, la filière porte et présente quatre projets structurants essentiels :

  • Projet 1 : la 5G ;
  • Projet 2 : Construire les Smart Territoires ;
  • Projet 3 : Sécuriser l’emploi et les passerelles de formation vers les nouveaux métiers des infrastructures numériques ;
  • Projet 4 : Participer à l’élaboration d’une stratégie de création d’offre à l’exportation et diffuser le modèle français de déploiement des infrastructures ouvertes et mutualisées.

DOSSIER DE PRESSE (PDF, 2 MB)

Extraits du discours de Didier Casas :

« Nous signons aujourd’hui le contrat de filière dédié aux infrastructures numériques, après plus d’un an de travail, de concertation et d’arbitrages. Cette signature concrétise le travail accompli par tous les acteurs dans ce projet. (…) La filière “infrastructures numériques” a plus que jamais besoin de se structurer. Pour se faire, les fédérations professionnelles jouent un rôle primordial car elles ont permis de maintenir un lien entre les différents acteurs de la filière. (…) L’AFNUM, InfraNum, le Sycabel et la Fédération Française des Télécoms ont porté ce projet au bénéfice des industriels de la filière, et je tenais à les en remercier. (…) Ce contrat contient 4 grands projets qui ont vocation à faire rayonner la filière dans les territoires en favorisant la recherche, le développement, l’emploi et enfin l’international »

Retombées presse :

Tweet :

Arthur Dreyfuss, Président de la Fédération Française des Télécoms, est intervenu sur BFM Business dans l’émission “12H L’heure H” le 17 décembre 2019 face à Hedwige Chevrillon au sujet des chiffres-clés 2019 du secteur des télécoms :

Vidéo | Interview d’Arthur Dreyfuss sur BFM Business :