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Collecte des téléphones mobiles : les acteurs de la filière française se mobilisent pour répondre à un enjeu de taille

La Feuille de Route pour l’Economie Circulaire (FREC) a fixé en avril 2018 le cap visant à mieux produire, mieux consommer et mieux gérer les déchets en mobilisant tous les acteurs. L’une des 50 mesures présentées vise à favoriser en particulier la reprise des anciens téléphones mobiles, afin qu’ils soient réemployés ou recyclés.

Dans ce contexte, les constructeurs de l’Alliance Française des Industries du Numérique (AFNUM) et les éco-organismes ecosystem et Ecologic ont pris une initiative jusqu’alors inédite: celle de rassembler tous les acteurs de la filière concernée et plus spécifiquement les opérateurs de la Fédération Française des Télécoms (FFTélécoms), les acteurs du réemploi dont la Fédération du Réemploi et de la Réparation (RCube), les entreprises Remade et Cordon Electronics, avec la participation de l’ADEME, afin de déterminer quels leviers d’action permettraient de répondre à cet enjeu national.

 

Comprendre pour mieux agir.

La première étape définie par ce collectif a été de réaliser une cartographie de la filière française des téléphones usagés tenant notamment compte du développement du marché de l’occasion, pour mieux appréhender les comportements des Français face au recyclage de leurs téléphones mobiles et pour identifier les stratégies de collecte mises en place dans d’autres pays.

Les principaux constats qui découlent de l’étude sont les suivants :

  • Le gisement de téléphones dormants est important : entre 54 et 113 millions, selon les acteurs et les flux pris en considération ;
  • Le réemploi des téléphones monte en puissance : 5 à 9 millions d’appareils d’occasion sont reconditionnés et revendus chaque année ;
  • Les filières agréées de recyclage réalisent une collecte faible, entre 0,3 et 0,5 million d’appareils par an uniquement ;
  • Il n’existe pas de système unique et efficace de collecte qui permettrait d’atteindre un taux de collecte significatif des téléphones usagés. À ce titre, l’analyse des dispositifs mis en place dans d’autres pays montre qu’un système de consigne, qui a notamment été déployé puis suspendu en Corée du Sud et en Autriche, se révélerait très onéreux et non adapté aux enjeux du déstockage des téléphones dormant dans les tiroirs.

Le parc en hibernation dans les tiroirs des Français constitue donc un gisement important de téléphones à récupérer tant pour le réemploi que pour le recyclage. Ce parc serait composé pour plus de deux tiers d’appareils encore fonctionnels (gardés essentiellement comme solution de rechange, pour soi ou pour ses proches). Le potentiel de réemploi et la valeur marchande associée de ce parc en hibernation sur le marché de 2ème main est donc très variable et difficile à estimer. Les mesures proposées par le collectif visent en priorité à « vider les tiroirs » mais également à mieux structurer la filière du réemploi.

 

Un système de mesures complémentaires pour favoriser la reprise et la collecte.

Pour atteindre les objectifs définis par la FREC, la mise en place de mécanismes incitatifs ne peut suffire. Seule une approche intégrée et systémique permettra d’accroître le taux de collecte à l’échelle nationale, en actionnant simultanément les leviers suivants :

  • Sensibiliser le grand public à l’enjeu environnemental : les téléphones mobiles doivent être collectés pour être mieux réemployés ou recyclés afin de faire recirculer au maximum les équipements et les matériaux contenus, et ainsi s’inscrire dans un schéma d’économie circulaire.
  • Mieux communiquer sur les dispositifs de collecte : les Français souhaitent être davantage informés des dispositifs de collecte mis à leur disposition pour donner une seconde vie à leur(s) téléphone(s) mobile(s) ou les recycler. Deux actions sont d’ores et déjà à l’étude pour répondre à cette attente :
    • Mise en ligne d’un annuaire national des lieux et acteurs de la collecte et de la reprise des mobiles pour regrouper et centraliser l’ensemble des informations pertinentes pour les consommateurs ;
    • Campagne de communication à l’occasion des Jeux Olympiques Paris 2024, valorisant la fabrication des médailles olympiques à partir des matériaux recyclés issus des équipements collectés. Cette campagne s’inscrit dans la continuité des initiatives menées pour les JO de Rio en 2016 et de Tokyo en 2020.
  • Créer une meilleure confiance dans les différents acteurs de l’écosystème, et rassurer les consommateurs sur le devenir de leur équipement et notamment sur le traitement des données stockées dans leurs téléphones : il subsiste notamment aujourd’hui une crainte du consommateur quant à l’accès potentiel aux données stockées dans un téléphone après sa prise en charge par les filières de réemploi ou de recyclage. Une plus grande transparence et une standardisation de la filière devraient lever ce frein à la collecte à travers par exemple la mise en place d’un label volontaire.
  • Afin d’actualiser la cartographie des acteurs et des flux, de mesurer la performance des mesures proposées et d’être force de propositions sur d’éventuels ajustements, le collectif propose la création d’un Observatoire français de la téléphonie mobile qui pourrait – entre autres – mesurer le taux de circularité des téléphones mobiles. Ce nouvel indicateur rapporterait le nombre de téléphones réemployés et recyclés au nombre de téléphones neufs mis sur le marché chaque année. Il est estimé aujourd’hui entre 22 et 40%.

 

Contact presse principal : Caroline Marcouyoux – cmarcouyoux[at]afnum[.]fr ou 06.07.67.58.14.

 

À propos de l’AFNUM.

L’AFNUM (Alliance Française des industries du Numérique) est le syndicat professionnel qui regroupe, en France, les industriels des réseaux, du traitement de l’information, des terminaux, du traitement du document, de l’électronique grand public, de la photographie, des systèmes d’impression et des objets connectés. Il regroupe une soixantaine d’entreprises et représente un secteur d’activité employant 80 000 personnes générant un chiffre d’affaires de 15 milliards d’euros en France.
www.afnum.fr Contact presse : Caroline Marcouyoux – cmarcouyoux[at]afnum[.]fr ou 06.07.67.58.14.

À propos d’Ecologic.

Ecologic est un éco-organisme, entreprise à but non lucratif investie par l’Etat d’une mission d’intérêt général consistant à prévenir, collecter, dépolluer et valoriser les Déchets d’Équipements Électriques et Électroniques, ménagers et professionnels (filière DEEE). Depuis 2006, il accompagne ses producteurs-adhérents, dont une part importante du secteur des technologies de l’information, dans la mise en oeuvre de leur responsabilité élargie (REP), contribuant ainsi au développement d’une économie circulaire.
Contact presse : Elisabeth Steffann – esteffann[at]ecologic-france[.]com ou 06.66.74.30.75.

À propos d’ecosystem.

ecosystem est un éco-organisme c’est-à-dire une entreprise à but non lucratif d’intérêt général, agréée par les pouvoirs publics pour gérer les appareils ménagers et professionnels complexes usagés et prolonger leur durée de vie sous forme d’appareils rénovés ou réutilisés ou sous forme de nouvelles matières premières recyclées et dépolluées.
Contact presse : Mélissa Bire – mbire[at]ecosystem[.]eco ou 06.50.02.16.38.

À propos de la Fédération Française des Télécoms.

La Fédération Française des Télécoms réunit les opérateurs de communications électroniques en France. Elle a pour mission de promouvoir une industrie responsable et innovante au regard de la société, de l’environnement, des personnes et des entreprises, de défendre les intérêts économiques du secteur et de valoriser l’image de ses membres et de la profession au niveau national et international. Contact presse : Stéphanie Brun – sbrun[at]fftelecoms[.]org ou 06.47.47.15.76.

À propos de Rcube.

RCube.org est la Fédération des Acteurs Professionnels du Réemploi et de la Réparation, avec pour but de prolonger la durée de vie des équipements. RCube.org anime des événements et construit des projets pour contribuer au développement du Réemploi de tous types de produits et professionnaliser les pratiques des acteurs. Plus de 100 membres sont membres de la Fédération allant de ressourceries, de reconditionneurs, d’artistes, d’acteurs spécialisés dans la réduction des déchets, d’acteurs faisant de l’éducation, de l’autoréparation, du don, de la réparation, de la formation de réparateurs, etc… – www.rcube.org. Contact presse : Benoit Varin – benoit.varin[at]rcube[.]org ou 06.21.32.24.30.

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