2 oct 2012
Décryptage

Voiture connectée : conduites à risque vs innovations durables

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Alors que se tient le Mondial de l’automobile du 29 septembre au 14 octobre 2012 à Paris, il importe de faire découvrir à la fois les usages innovants de cette nouvelle génération d’automobiles reliées à Internet par les réseaux sans fil et par l’intermédiaire le plus souvent des smartphones mais aussi de rappeler les préconisations pour une conduite sans risque quant aux usages des technologies de communication en voiture.

La Fédération Française des Télécoms a publié il y a quelques temps un article plaidant pour que les conducteurs aient les moyens d’être eux-mêmes les acteurs d’une conduite responsable. Miser sur l’intelligence des conducteurs et leurs usages semble être le principe directeur générique du secteur de la voiture connectée. A moins que la solution de la voiture intelligente dite « sans conducteur » contrôlée par des réseaux de capteurs communiquants et transportant des voyageurs sans permis ne s’impose d’ici quelques années.

En cette année 2012, au Mondial de l’Automobile, sont déjà imaginés des magasins d’applications à la fois d’informations routières et de divertissement accessibles depuis le tableau de bord connecté aux écrans des smartphones des passagers présents. Proposer une expérience numérique continue entre foyer et habitacle dont le terminal mobile constitue la source semble être l’une des voies d’innovation dans le secteur d’une voiture connectée partageant la connexion ou la proposant selon les deux modèles en cours d’expérimentation.

Autre voie de recherche, le développement de services axés sur les transports multimodaux permettant d’assurer, au plan temporel cette fois, une continuité des déplacements conjuguant voiture, transport en commun et mode piéton ainsi que de coupler agendas des conducteurs et données de trafic pour éviter les pertes de temps occasionnées par les trajets quotidiens. La voiture connectée permettrait ainsi dans le contexte de développement durable d’optimiser le temps de transport automobile dans le but de minimiser les effets de la pollution.

Le Figaro / La voiture connectée devient une réalité

Confirmons une tendance que cette veille scrute depuis quelque temps, à savoir le développement des services de connexion dans le secteur de l’automobile. L’une des voies présentées au Salon de l’Automobile est celle permettant d’aménager une continuité des communications dans un contexte d’interdiction de la conduite au volant. Certains constructeurs proposent ainsi via des connexions Bluethooth de permettre d’accéder au smartphone depuis le tableau de bord et d’envoyer des messages écrits pré-enregistrés du type «j'arrive dans 5 minutes» avec cette mention cocasse «envoyé de ma voiture de la marque X»). Autre forme de continuité aménagée, le trajet dans ses phases de préparation via le mobile ou la tablette et la phase de conduite qui intégrera ces données préalables issues des terminaux mobiles là encore via des liaisons Bluethooth. L’optimisation temporelle est également au calendrier de la voiture intelligente avec des projets de couplage des agendas électroniques des conducteurs aux services d’information trafic. Dans le cadre de la problématique des services de transports multimodaux conjuguant voiture, transports en commun et trajet piéton, l’intégration entre données reçues sur smartphone et données issues du trafic automobile semble cruciale afin de livrer des informations horaires ou de disponibilités de parking par exemple. Le chantier de la voiture connectée se modèle donc sur l’univers numérique familier puisqu’il s’agit selon le directeur général de Valéo de «retrouver dans votre véhicule le même univers d'électronique grand public que chez vous. » Ainsi, le temps passé dans l’automobile pourra être redéfini non comme un temps d’attente mais permettrait de gagner du temps en anticipant sur les actions à venir dans le cadre de son habitacle mobile. Des estimations prévoient que le nombre de voitures connectées devraient passer de 45 millions en 2011 (5% du parc automobile mondial) à 210 millions en 2016 (18% du parc). Il reste ensuite à aménager des prix attractifs pour la voiture dont l’intelligence on le voit est directement connectée à l’usager et aux contenus que recèlent son smartphone ou sa tablette usuels.

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Challenges / Parrot transforme la voiture en smartphone

La société française Parrot connue pour son A.R Drone piloté depuis un smartphone propose lors de ce Mondial de l’Automobile 2012 des services et applications de voitures connectées utilisant le système d’exploitation Android. La gamme baptisée « Asteroïd » décline pour tablettes et smartphones une offre d’applications accessibles sur un magasin « Asteroïd Market » et suppose l’interconnexion entre l’écran du tableau de bord et les écrans des différents mobiles aux mains des passagers via Bluethooth ou des clés 3G. Ce sont à la fois des applications musicales – Deezer, Spotify - ou des applications utilitaires –Parking, Coyotte – qui sont ainsi proposées dans l’environnement mobile que l’on peut redéfinir sous ce néologisme de l’autotainment, mariage du divertissement numérique, des réseaux télécoms et de l’automobile.

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Technology in business / L’évolution rapide de la voiture connectée

S’appuyant sur une prévision du cabinet Gartner au sujet du dynamisme du secteur des véhicules connectés, ce billet synthétise quelques axes techniques de déploiement aux USA de cette nouvelle génération d’automobile reliée à Internet par les réseaux sans fil avec pour terminal le plus souvent usité l’écran des smartphones. Supportée par les réseaux 4 G, fournissant des vitesses 10 fois supérieures aux réseaux existants, la connectivité des voitures intelligentes peut être utilisée pour des services notamment médicaux comme ceux proposés par Verizon qui possède le principal réseau LTE aux USA. Le secteur des semi-conducteurs, comme Intel, investit également dans ce domaine auprès de sociétés développant des appareillages intégrés dans la voiture connectée qui vont utiliser un grand nombre de puces.  Les entreprises de l’informatiques comme Microsoft misent également sur ce chantier avec le projet « Connected Car.» Il s’agit ici d’équiper des systèmes automobiles intelligents avec notamment des technologies de reconnaissance vocale mais aussi d’interface gestuelle en plus des services de données stockées dans leurs serveurs. Apple et son assistant vocal Siri peut également contribuer à ce chantier qui semble bifurquer dans deux directions. Au sein de l’industrie automobile, un groupe de constructeurs souhaite intégrer la connexion LTE dans la voiture et permettre aux smartphones de se connecter pour bénéficier des services via leurs écrans. Un second regroupement n’envisage pas d’intégrer matériellement la connexion mais de faire se connecter les smartphones au système de la voiture via le réseau Bluetooth. Ce modèle est celui du partage de connexion (tethering) dans des usages plutôt orientés vers l’autotainment.

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Telecoms / Le M2M et la voiture connectée

La voiture sans conducteur pilotée via des capteurs, des radars et autres machines communiquant par l’intermédiaire des réseaux télécoms constitue le dernier modèle du type M2M en voie d’exploration. L’institut des Ingénieurs Electriciens et Electroniciens (IEEE) prévoit que d'ici l'an 2040, les voitures sans conducteur pourraient représenter jusqu'à 75% des véhicules dans le monde entier.
On connait le projet de « Google Car » présenté par le géant du web surfant sur une nouvelle réglementation de l’Etat du Névada autorisant les voitures sans conducteur votée en juin 2011. Ce type de véhicule fonctionne grâce à l'utilisation de capteurs communicants censés assurer un déplacement sécurisé. La voiture connectée sans conducteur suppose des infrastructures routières équipés de capteurs, de caméras et de radars permettant de surveiller et de contrôler la circulation sans plus nécessiter des feux de circulation. L’aménagement de voies réservées sur les autoroutes pour ces véhicules permettrait également de rationnaliser des flux de trafic afin d’économiser l’énergie. A savoir que si la voiture sans conducteur peut avoir un effet repoussoir, la recherche menée dans ce cadre de la communication de machines à machines a permis dès à présent d’équiper les véhicules en fonctions automatisées comme l’aide au stationnement ou la régulation de vitesse notamment en cas de somnolence du conducteur.

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FFTélécoms / Mobile en voiture : pour une conduite responsable

Face à ce champ d’innovations, concluons par les préconisations de la Fédération Française des Télécoms concernant le mobile en voiture qui vient prendre en compte à la fois les nouveaux usages du terminal mobile dans le domaine innovant de l’automobile connectée –GPS, applications...mais également les usages et les représentations ordinaires du portable en termes de sécurité personnelle. Ainsi la FFT rappelle que pour 85 % des abonnés, le mobile est jugé utile en voiture et pour 73 % d’entre eux, il procure un sentiment de sécurité suivant les chiffres d’une enquête de TNS Sofres de 2008. Cependant, si le portable conforte un sentiment de sécurité, il peut présenter des risques pour la sécurité routière notamment en présence de conduites à risque comme le texting au volant et autres petites distractions qu’il peut occasionner. L’article nous livre les résultats de cette étude de l’INRETS de 2003 démontrant que les conducteurs téléphonant au volant ont des temps de réaction augmentés de 50%. Il est bon de rappeler que l’article R.412-6-1 du Code de la Route interdit la conduite au volant mobile à la main au risque d’un retrait de 2 points sur le permis et d’une amende forfaitaire de 35 euros. Dans ce contexte, la FFT mise sur la conduite responsable des automobilistes et préconise de laisser la messagerie en marche, de ne pas répondre aux textos ou aux mails et enfin de prendre le temps de s’arrêter en toute sécurité pour passer si besoin un appel téléphonique. De telles préconisations peuvent permettre d’augmenter la baisse du nombre d’infraction au Code de la route déjà passées de 46 794 contraventions en 2009 à 41 641 en 2010. Pédagogie, responsabilisation et co-régulation sont ainsi privilégiées pour l’accomplissement d’une conduite sans risque.

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