17 mar 2014
Décryptage

"South By Southwest" 2014 en 5 mots clés

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Chaque année, le festival SXSW Interactive ("South By Southwest") rassemble au cœur du Texas des technophiles du monde entier pour réfléchir au futur des médias, du web et de l'économie. Pour sa vingtième édition, il a battu tous les records de fréquentation, dépassant les 30 000 participants. Petit Web, qui était sur place, nous présente les principaux sujets débattus.
"South By Southwest" 2014 en 5 mots clés

#Privacy

Les interventions de Julian Assange et Edward Snowden, par webcams interposées, étaient les deux temps forts de cette édition, un an après les révélations du système de surveillance de la NSA par Wikileaks. Snowden a ainsi appelé les développeurs à mieux sécuriser leurs services et à offrir des solutions de cryptage simples et abordables pour le grand public. Au cœur du débat sur la vie privée, Eric Schmidt, l'ancien PDG de Google était venu faire la promotion de son ouvrage "The New Digital Age", mais il s'est contenté d'expliquer que le droit à l'oubli n'existait plus, laissant les spectateurs sur leur faim... Pour ceux qui veulent lui donner tort, Evan Greer, de l'ONG Fight for the Future et Chris Conley, de l'Américan civil liberties union sont venus distiller leurs conseils pour échapper à la surveillance du web.

#TV

Alors que l'on attendait l'émergence de nouvelles start-up ou d'applications - c'est à SXSW que Twitter, Foursquare ou Tinder se sont révélées -, c'est la bonne vieille télévision qui a capté toute l'attention cette année. Austin accueillait plusieurs émissions phares de la télévision américaine (notamment le Live Show de Jimmy Kimmel) et mettaient en avant des personnalités du petit écran comme Neil deGrasse Tyson, astrophysicien-star auteur de la série documentaire "Cosmos". Mais c'est HBO qui a le plus marqué les esprits, avec son exposition consacrée à la série Game Of Thrones, dont l'attraction phare était une expérience en réalité virtuelle saisissante, propulsant les participants au sommet d'un mur de glace de 200 m, grâce à des casques Oculus Rift.

Personne portant le casque Oculus Rift

#Good

Le festival est depuis toujours marqué par un esprit positiviste et une conviction : la technologie peut rendre le monde meilleur. Cette année, pour la première fois, un « social good hub » rassemblait créatifs, entrepreneurs et investisseurs pour débattre autour de ce sujet. Dans la grande salle, Chelsea Clinton est venue inviter la Silicon Valley à œuvrer pour les pays en développement, plutôt que de courir après "The Next Big Thing". La marque Toms, pionnière du "one for one movement" (pour chaque produit acheté, un produit est offert dans un pays en développement) a aussi profité de l'événement pour étendre son activité au café, après les chaussures et les lunettes : un paquet acheté sur son site e-commerce permet d'offrir une semaine d'eau potable.

Le Café Tom

#Disruption

La banque, l'alimentaire, la santé ou l'automobile... autant de secteurs qui, une fois sorti des conférences de SXSW, semblent au bord de la "disruption" (entendre une modification profonde de leur secteur, par l'arrivée de nouveaux entrants ou technologies). A Austin, le moindre foodtruck ou taxi utilise le système de paiement mobile Square et certains acceptent même les Bitcoins, monnaie virtuelle désormais bien réelle. L'automobile se prépare à la révolution de l'"internet of cars". Subway, Mondelez et... même IBM imaginent le futur de l'alimentation, entre impression 3D et algorithmes. Dans le secteur de la santé, Anne Wojcicki, dont la start-up 23andMe propose des tests ADN à 99$, a prédit un futur où l'on préviendra les maladies plutôt que de les guérir et où les médicaments seront "codés" et personnalisés en fonction du profil génétique des patients…

Foodtruck acceptant le paiement par Bitcoin

#FrenchTech

Nouveauté de cette année : la présence officielle de la France, sous la bannière de la "French Tech". UbiFrance avait sélectionné 10 start-up (Evergig, Meludia, OpenClassroom, Intuilab, Whyd, Qobuz, Azendoo, Bobler, Sounderbox, Djehouti) pour son stand installé au cœur de l'espace d'exposition. En marge du festival, un pavillon accueillait débats, concerts, brunchs et cocktails. Un premier pas dans la promotion du dynamisme français dans le domaine du numérique, qui pourrait être étendu à d’autres événements mondiaux.

Stand UbiFrance sous la bannière "FrenchTech"

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