12 juin 2012
Décryptage

Quelques nouvelles des usages innovants du mobile : capteurs, small cells, data...toujours plus de secteurs concernés, toujours plus de populations outillées

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Les dernières prévisions données sur l’équipement en mobile et les usages à venir d’ici deux ans ne pouvaient être passées sous silence : en 2013, il y aurait autant d’abonnements au téléphone portable que d’humains sur la terre ; en 2014, il en sera vendu plus de 2 milliards par an dont 1 milliard de smartphones dès 2013.

Le SMS et le caméraphone dépasseront la voix dans les usages dès l’année prochaine. Le wifi devrait équiper également plus d’un tiers des téléphones portables en 2013. Ce qui suppose des modèles d’affaire à développer autour de ces nouvelles connexions. Un exemple en est donné avec le rapport Juniper Research sur le déploiement des micro-stations de base du type femtocells qui permettraient de décharger le macro-réseau du trafic de données mobiles de 60% en 2016.

C’est la charge du trafic data des smartphones qui est en jeu d’autant que dans de nombreux secteurs, les offres de services et d’applications mobiles se multiplient. Deux secteurs sont ici mentionnés : le tourisme et la santé dont les besoins apparaissent de plus en plus importants. Ainsi, il existe 15 000 applications touristiques mais dont il faudrait penser de façon plus adéquate l’échelle de réalisation en prenant en compte la redéfinition des territoires par la mobilité.

L’Atelier se fait l’écho d’une enquête mondiale sur les attentes en matière de mSanté dont il s’avère que ce sont les médecins qui en sont les moins convaincus faute parfois de connexions praticables ou une interopérabilité des appareils. Les usages innovants du mobile ne supposent pas toujours la possession d’un smartphone. Au Kenya, les pompes à eau manuelles de 70 villages ont été équipées de capteurs qui envoient des informations sur le débit de l’eau à un bureau central et qui avertissent par SMS des dysfonctionnements dans le but d’accélérer les réparations. Un usage fort utile quand on sait qu’un tiers des pompes à eau manuelles sont défectueuses et qu’elles permettent à des centaines de millions de personnes en Afrique d’avoir accès à cette ressource vitale.  

Veille Tourisme / La mobilité vient jouer les trouble fête dans les modèles établis

Ce billet propose des chiffres intéressants sur les pratiques touristiques outillées par les smartphones ainsi que des réflexions pertinentes sur l’échelle de développement d’applications dans ce secteur. Il existe ainsi 15 000 applications dans la catégorie Voyages sur l’Apple Store dont plus de 600 applications sont consacrées aux territoires en France, parmi lesquelles une centaine provient des offices de tourisme ou de comités départementaux et régionaux du tourisme. Ces applications peuvent-elles répondre aux attentes et aux usages des touristes équipés de smartphones ? Il s’avère que l’usage de cet outil pour l’activité touristique se déploie sur deux temps principaux : la préparation avec des informations pratiques et la possibilité de réserver et la visite sur place avec les mentions des points d’intérêts ; la possibilité de partager photos ou vidéos ainsi que de laisser des recommandations sur les lieux et places. Mais comme le note judicieusement l’auteur de l’article dans la pratique, les usages de recherche d’informations touristiques s’effectuent le plus souvent au domicile ou pendant les temps de transport. Parmi ces informations, les adresses de proximité d’un site ou d’un restaurant sont recherchées à 87%, des éléments de connaissance sur les lieux visités intéressent à 79% ainsi que la quête de conseils personnalisés d’itinéraires pour 76%. Or remarque encore l’auteur du billet, certaines applications renvoient sur des services existants type Google Adresses sans proposer de plus value créative. C’est pourquoi, il en appelle à plus de créativité dans l’enrichissement de l’expérience touristique par une application mobile. Il interroge également la bonne échelle d’une application touristique. Par définition, une visite touristique suppose des déambulations qu’un service mobile régional doit pouvoir couvrir comme une totalité cohérente. Ainsi, il est dommageable de devoir télécharger des applications multiples communes après communes lorsqu’il s’agit de visiter le bassin d’Arcachon ou la Côte Basque.  Ce qui démontre que les technologies de mobilité redécoupent les territoires administratifs. Et ce sont ces nouveaux territoires mis en mobilité que les applications doivent mettre en scène.

Tourisme Smartphone Applications

L’atelier / La mSanté a convaincu les patients mais pas encore leurs médecins

Depuis les développements pionniers du mHealth en Afrique avec des bases de données médicales collectées par SMS au début des années 2000, la rencontre entre santé et mobile semble avoir convaincus les patients. D’après une enquête réalisée au niveau mondial, il apparait que les patients attendent de la mSanté qu’elles améliorent le coût à 52%, la qualité à 48% et l’accessibilité à 46 % des soins.  Les malades chroniques sont intéressés à 48% pour une aide de mSanté dans le suivi de leur pathologie.  Informations médicales (59%) et communications avec leurs médecins (48%) sont également des fonctionnalités recherchées de la mSanté. Et de fait, 35% des patients interrogés ont déjà utilisé une application ou un service de mSanté et ce chiffre s’élève à 59% dans les pays émergents. C’est plutôt du côté des médecins eux-mêmes que la mSanté ne s’impose pas encore dans les usages. D’après l’enquête, on compte seulement 27% des médecins qui encouragent leurs patients à utiliser des services et applications de mSanté et pour 13% d’entre eux, ils les découragent même plutôt d’y avoir recours. Cette réticence peut s’expliquer par des limitations techniques notamment une faible connexion puisque 40% des médecins du public n’ont pas accès au wifi. L’article conclut sur quelques principes à adopter pour achever de convaincre les médecins de l’intérêt de la mSanté notamment l’interopérabilité des équipements, l’approche en temps réel des services comme valeur ajoutée et la prise en compte des retours des patients utilisateurs.

mHealth Usages Global

GNT / En 2016, 60% du trafic data mobile ne passera plus par le macro-réseau : les micro-stations de base, avenir de l’infrastructure télécoms ?

Nous avons la semaine passé narré comment les fetmocells étaient utilisées au Congo pour développer le réseau de téléphonie mobile dans les zones éloignées de la capitale où un satellite pourvoit là aux connexions. Il apparait, suivant le rapport du cabinet d’étude Juniper Research,  que l’architecture du réseau télécoms soit en passe d’être modifiée sous la pression de l’augmentation du trafic data mobile que le macro-réseau des opérateurs ne suffit plus à supporter. D’où l’idée de le suppléer par des micro-stations de base comme les femtocelles ou picocells au sein d’une architecture où les réseaux mobiles à diffusion relativement large traditionnels joueront un rôle d’appoint. Ainsi d’après cette étude, 60% du trafic data mobile devrait passer soit par des accès WiFi ou des small cells mises à disposition des clients. A noter que cette nouvelle configuration macro/micro des réseaux télécoms pourrait également devenir une source de revenus complémentaires à travers des offres de connexion pour les objets nomades comme les tablettes tactiles et autres objets communiquants. En Europe et aux USA, 75% du trafic data mobile pourrait être ainsi supporté par ces micro-stations de base.

Fetmocells Réseau Infrastructure Data

Wired / Quelques jalons pour les prochaines années à venir de la téléphonie mobile

Voici quelques prévisions à court terme prenant en compte les deux prochaines années énoncées par Tomi Ahonen qui fut directeur de Nokia et qui désormais fait autorité comme consultant es mobile.
Le premier jalon est celui des 7 milliards d’abonnements au téléphone portable prévus dans 12 mois alors même que les 7 milliards d’habitants ont été atteints cette année et qu’en juin 2012, on comptabilise 6,2 milliards d’abonnés.  Le second jalon est celui de la substitution de la voix par l’usage du caméraphone à venir d’ici 2013. D’après Tomi Ahonen, l’année 2011 a consacré la fin de l’usage voix au détriment du SMS, si on mesure en nombre total d’utilisateurs. D’ici une année, le tiercé gagnant des usages devrait être en première position le SMS, en deuxième position, le caméraphone et en troisième position la voix. Parler encore de téléphone portable semble désormais inadéquat à moins de considérer que la conversation par le biais du mobile demeure mais prend des formes multimodales à la fois textuelles et iconiques. Tous ceux qui estiment que l’écrit est en péril devraient méditer cette première place pris par le texto devant la communication orale. Le troisième jalon est représenté par la croissance des équipements en smartphones avec un milliard d’unités vendues atteint d’ici 2013. En 2012, ce sont plus 700 millions de smartphones qui ont été vendus. C’est la première fois note Tomi Ahonen dans l’industrie électronique grand public qu’un terminal se vend à plus d’un milliard d’unité par an. Les walkman, les téléviseurs, les lecteurs DVD n’ont jamais dépassé un demi-milliard de ventes par an. Le quatrième jalon concerne la connexion wifi qui équipera d’ici 2013 un tiers des téléphones. Il y a 10 ans apparaissaient au Japon les premiers téléphones compatibles Wifi puis en 2004 le Nokia Communicator. Le consultant fait remarquer la nécessité d’imaginer des modèles économiques liés à la connexion wifi. L’article sur les micro-stations de base ci-dessus ouvre à ces nouvelles perspectives de modèles d’affaire. Le cinquième jalon concerne la télévision et le mobile. Les votes dans le cadre des émissions de télévision ont augmenté cette année en grande partie parce que les téléphones constituent des terminaux personnels équipant chaque membres adulte ou adolescent des familles. Les votants s’expriment par SMS depuis leur téléphone et commentent les émissions de télévision. Ce n’est pas tant la télévision sur mobile qui est l’avenir que la télévision vue avec son mobile pour voter ou lire les commentaires sur les réseaux sociaux. Le dernier jalon conduit en 2014 où tous types de terminaux confondus, les téléphones se vendront à 2 milliards d’unités dans l’année. Ce qui amènera à comptabiliser plus de texteurs que d’habitants sur la planète.

Prévisions Mobile SMS Smartphone Wifi Télévision

BBC / Des pompes intelligentes pour une eau plus propre en Afrique

Dans le domaine de l’agriculture, le mobile est un outil essentiel notamment pour les applications de prix agricoles ou météorologiques. Mais il existe également des usages innovants couplant le terminal portable avec les technologies des capteurs. Il s’agit ici d’une expérimentation dans 70 villages au Kenya en lien avec des chercheurs britanniques spécialistes en hydrologie qui ont implémenté des capteurs de données dans les pompes à eau manuelles. En cas de panne, ces capteurs envoient des SMS aux agriculteurs pour les prévenir du dysfonctionnement.  Il faut savoir qu’un tiers des pompes manuelles sont cassées et que des centaines de millions de personnes en Afrique dépendent de ces machines pour leur approvisionnement en eau. Les réparations dans certaines zones reculées peuvent nécessiter un temps trop long. Or l’équipement en téléphonie mobile est plus important que l’accès à l’eau sur le continent africain.  Les chercheurs ont donc imaginé de tirer partie de la vitesse de circulation des SMS sur les réseaux mobiles pour intervenir dès qu’un dysfonctionnement est signalé. Fixé sur la poignée de la pompe, le capteur estime le débit de l’eau et envoie les informations à un bureau central. Il s’agit de réparer le plus souvent (à 80%) des petites pannes et ce en moins de 24 heures.  L’objectif est de permettre à 15 millions de personnes d’accéder à l’eau potable d’ici 2015. L’autre intérêt de ce projet est d’établir une base de données en temps réel de la quantité utilisée à travers le continent pour exploiter au mieux cette ressource rare.

Eau Capteur SMS Afrique

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