18 Jan 2013
Ondes & santé

Position FFTélécoms sur le 2ème rapport BioInitiative

La Fédération Française des Télécoms (FFTélécoms) a demandé, aujourd’hui, à l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES) de bien vouloir analyser le 2ème rapport BioInitiative, publié fin décembre 2012, dans le cadre de l’évaluation des connaissances scientifiques qui est menée par l’Agence pour l’actualisation du rapport et de l’avis de 2009 sur les radiofréquences.

 

Il est prévu que l’ANSES publie cette actualisation d’ici l’été 2013.

Dans son rapport de 2009 (p. 322 à 326), l’ANSES avait analysé le 1er rapport BioInitiative qui avait été publié en 2007. Elle avait notamment indiqué : « le rapport BioInitiative doit donc être lu avec prudence : il revêt des conflits d’intérêts dans plusieurs chapitres, ne correspond pas à une expertise collective, est de qualité inégale selon les chapitres et est écrit sur un registre militant » (p. 323). Elle avait également récapitulé les principales critiques émanant d’agences publiques d’expertise d’autres pays à l’encontre de ce document.

Tout comme le 1er rapport, le 2ème rapport BioInitiative est une initiative privée où différents auteurs ont, chacun, écrit séparément un chapitre. Il ne s’agit ni d’un rapport d’expertise collective, ni d’un travail réalisé à la demande d’une autorité sanitaire ou d’une agence publique d’expertise. En outre, ce rapport ne contient pas de nouvelles données scientifiques par rapport aux rapports les plus récents des agences publiques d’expertise (cf. rapport remis en avril 2012 à la Health Protection Agency au Royaume-Uni).

Ce rapport, comme le précédent, traite de l’ensemble des champs électromagnétiques et vise donc l’ensemble des appareils électriques, électroniques et radioélectriques, ainsi que les réseaux d’électricité et le courant électrique domestique. Il considère que ces appareils et l’électricité seraient liés à un grand nombre de maladies et de problèmes de santé, dont l’infertilité masculine, l’autisme, le développement de cancers, la maladie d’Alzheimer, l’hyperactivité, les perturbations du sommeil, les pertes d’attention…

Concernant l’exposition ambiante aux ondes radio (radiodiffusion, télédiffusion, antennes-relais de téléphonie mobile, réseaux de la police, des pompiers…), le 2ème rapport BioInitiative révise à la baisse la recommandation du précédent rapport de fixer un seuil à 0,6 V/m – chiffre sans fondement scientifique selon l’ANSES qui l’avait analysé dans son rapport de 2009. Il recommande désormais un seuil d’exposition de l’ordre de 0,03 V/m.

Dans l’attente des analyses du 2ème rapport BioInitiative, qui seront faites par l’ANSES et d’autres agences publiques d’expertise au niveau international, la FFTélécoms rappelle que :

  • en France et à l’étranger, les agences publiques d’expertise procèdent régulièrement à l’évaluation des connaissances scientifiques sur les ondes radio, ainsi que l’ANSES le fait actuellement et ainsi que plusieurs agences l’ont fait en 2012, par exemple en Australie, en Norvège et au Royaume-Uni ;
  • les agences publiques d’expertise indiquent qu’il n’existe aucune preuve scientifique d’un danger pour la santé lorsque l’exposition aux ondes radio est inférieure aux seuils recommandés par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS);
  • au vu de leurs rapports et avis, ces agences ne partagent, en aucune façon, les conclusions et les recommandations du 1er et du 2ème rapport BioInitiative. En particulier, elles ne recommandent pas la réduction des seuils d’exposition au titre du principe de précaution ;
  • en France, les seuils réglementaires d’exposition sont les seuils recommandés par l’OMS et par le Conseil de l’Union Européenne. Concernant les ondes radio (de 10 kHz à 300 GHz), ces seuils sont compris entre 28 et 87 V/m, selon les fréquences utilisées (téléphonie mobile : 41, 58 ou 61 V/m) ;
  • les niveaux d’exposition du public aux ondes radio émises par les antennes-relais de téléphonie mobile sont très faibles, comparés aux seuils recommandés par l’OMS. Les travaux menés depuis la Table Ronde de 2009 sur les radiofréquences montrent que l’exposition aux antennes-relais en France est inférieure à 1/10ème de ces seuils dans plus de 99% des surfaces au sol et des façades de bâtiments.

 

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