4 fév 2014
Communiqué de presse

Observatoire de la vie numérique des adolescents (12-17 ans) : 10 ans après, le Facebook des adolescents fait sa crise

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Si Facebook a dix ans, l’histoire de ses usages ordinaires est plus brève, puisque c’est en 2006 que le site a été ouvert au grand public et deux ans plus tard que la version française a vu le jour. A l’occasion de cet anniversaire, la Fédération Française des Telecom a demandé à Joëlle Menrath de revenir sur les entretiens qu’elle a menés avec des dizaines d’adolescents depuis 2006. Sous forme d’une « timeline » des usages, elle rappelle les jalons d’une histoire qui a mené les adolescents de la jubilation exclusive du bain de foule vécu sur facebook à l’exploration de recoins numériques différenciés, de Twitter, à ask.fm en passant par Instagram.

2009 est l’année marquée par l’arrivée massive des adolescents sur Facebook, d’abord investi par les adultes. Facebook prend alors progressivement la relève des blogs successifs que tenaient les adolescents. Chez les adolescents, la page Facebook participe désormais, comme le font les vêtements, de la fabrique quotidienne de leurs apparences.

Dès 2011, les discours des commentateurs de ces pratiques empruntent volontiers à propos des adolescents les métaphores du dénuement ou de l’exhibition : sur leurs pages facebook, les ados se mettraient à nu sans vergogne. Pourtant, en surveillant leurs arrières, les jeunes utilisateurs s’assurent que rien de désobligeant pour la « face » ne puisse être publié sur leur « mur » in absentia : présents sur le site, ils seront toujours en mesure de retoucher l’attribut déplaisant dont ils se voient affectés, voire de négocier sa suppression. Les adolescents, globalement indifférents à la figure d’un « Big Brother », sont hypersensibles à la surveillance entre proches.

Depuis 2013, de nouvelles règles sont à l’œuvre, qui distribuent les registres de l’expression de soi entre facebook d’une part et Twitter, Snapchat, Instagram ou Ask.fm de l’autre, faisant du vétéran des réseaux sociaux le cadre le plus exigeant, et dont les ados se détournent pour s’exprimer ailleurs plus librement.

Peut-on pour autant se dire en 2014, comme le clame les adolescents, que « Facebook, c’est mort » ? 

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