31 mai 2012
Décryptage

M2M, objets connectés ou politique 2.0… En route pour innover !

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Le chantier de la communication M2M, les communications de machine à machine à travers des échanges de données en tout genre sur les réseaux télécoms, est en cours de construction accélérée comme en témoigne plusieurs articles au programme de la veille de la semaine.

L’annonce par l’ARCEP d’une consultation publique sur la numérotation à 14 chiffres destinée notamment aux cartes SIM avalise le boom à venir de l’internet des objets.

Aux USA, tandis que le Sénat vient de voter l’obligation controversée d’équiper les voitures de boites noires notamment pour livrer différentes données de sécurité routière ou d’environnement à mettre en réseau, un article fait le point sur les problèmes soulevés par la multiplication des usages du smartphone dans les voitures. En plus de l’automobile, une autre machine connectée est mise en avant par l’actualité avec la télévision.

On comptabilise désormais 3 millions de français équipés en postes connectés en France mais avec des usages assez  faibles en tant que tel. Rappelons cependant qu’une forme de télévision connectée ad hoc est dés plus usitée, à savoir la télévision sociale connectant un programme et un service comme Twitter, comme le démontre le pic des tweets à 50 000 lors du débat du second tour de la dernière campagne présidentielle française.

Enfin, au sujet de politique, alors que les élections législatives sont proches, il est intéressant de se pencher sur les réflexions de l’un des éditeurs pionniers d’un blog dédié au numérique comme culture, Cory Doctorow, notamment au sujet des candidatures des partis pirates en France et en Allemagne. Il émet un avis sceptique sur une vision du politique restreinte à des problématiques certes importantes – propriété intellectuelle des œuvres numérisées ou libertés individuelles sur les réseaux – mais qui doivent être intégrées à un projet sociétal plus global. Bref, la politique par et pour les nerds a atteint peut-être ses limites.

01Net / Bientôt, des numéros mobiles à 14 chiffres pour le M2M

Nous en faisons souvent état dans cette veille : nous assistons à un essor rapide et important du M2M, c’est-à-dire de ce champ d’innovation technologique qui rend possible à deux machines d'échanger des informations. Dispositif de compteurs intelligents permettant d’optimiser sa consommation énergétique, gestion des flux de personnes ou de véhicules dans des villes, domotiques, surveillance des lieux et des personnes, capteurs de pollution, etc., la multiplication de services qui ont souvent recours aux réseaux de communications mobiles commence à poser selon l’ARCEP de sérieux problème de saturation du plan de numérotation à l’horizon 2016-2023. Selon ses prévisions, le nombre de carte SIM M2M atteindra les 33,5 millions entre fin 2011 et 2020 auquel s’ajoute l’augmentation de la demande en matière de téléphonie mobile et une nouvelle réglementation européenne visant à d'imposer à tous les nouveaux modèles de véhicules à partir de 2015 l’équipement du système d’urgence embarqué « eCall.» C’est la raison pour laquelle l’ARCEP vient d’ouvrir une consultation publique sur la création d’une nouvelle tranche de numéro à 14 chiffres commençant par 0700.

M2M Numérotation France ARCEP

Transport du futur / Les boites noires dans les voitures américaines placent, une nouvelle fois, les USA aux avant-postes des mutations du secteur des transports

Le Sénat américain vient de voter une décision particulièrement controversée visant à rendre obligatoire les EDR (Electronic Data Recorder), sorte de boîtes noires permettant de "capturer et stocker que les données relatives à la sécurité automobile" sur chaque voiture vendue aux Etats-Unis à partir de 2015. Un projet similaire est en réflexion en Europe concernant les données de pollution des véhicules. Pour l’auteur de cet article, cette décision ouvre une ère nouvelle de l’automobile qui, pour garantir la sécurité des biens et des personnes, obligera chacun à se déplacer sous le regard de d’un système de centralisé dont les attributions ne sont pas encore bien précisées. Du symbole de la liberté qui permettait à tout à chacun de se déplacer où il voulait, la voiture devient un objet qui observe le conducteur, livre des données concernant sa conduite, voire ses itinéraires. Mais au-delà de cette rupture que provoque l’arrivée de ces boîtes noires, il explique que les EDR ouvrent la porte à une autre innovation majeure dans le secteur de l’automobile : celle de la voiture sans conducteur. Ces EDR vont en effet faciliter la conduite automatique par des robots dans lesquels il n’y aura plus de conducteurs mais uniquement des passagers. Un autre chantier d’innovation est en jeu avec ces boites noires à savoir les données diverses que l’activité de conduite produisent et qui peuvent contribuer au développement des dispositifs de communication machine/machine ou encore d’applications en tout genre.

Données Automobile M2M

NYT / Applications, distraction et sécurité routière

Les autorités chargées de la sécurité routière s’inquiètent depuis de nombreuses années des usages des téléphones mobiles en voiture. Usage du téléphone, envoi de sms mais aussi dispositifs de géolocalisation sur smartphone, voire consultation de réseau sociaux sont perçus de manière extrêmement dangereuses au point que l’attitude qui prévaut actuellement est la prohibition. Néanmoins, face à la demande qui émane des conducteurs de pouvoir coupler conduite et usage de ces technologies, les constructeurs de voiture et les développeurs d’application  commencent à s’interroger sur les manières de rendre compatible la conduite et l’usage des technologies mobiles qui peuvent s’avérer utiles pour écouter de la musique sur des services ou pour trouver son chemin jusqu’à un restaurant qui aurait été recommandé par un réseau social. Cet article illustre de nombreuses initiatives qui commencent à émerger visant assister le conducteur pour rendre plus ergonomique l’accès aux données via le téléphone portable : il peut s’agir d’un « mode voiture » qui agrandi les polices de caractères, réduisant le temps de lecture, de manettes placées sur le volant ou les accoudoirs des voitures, de dispositifs vocaux, etc. Au-delà de l’adaptation d’application existantes, les constructeurs commencent à réfléchir des plus en plus sur des dispositifs qui seraient développés par eux-mêmes et donc adaptés à l’automobile connectée.

Apps Sécurité Automobile

ZdNet / TV connectées : 3 millions de Français équipés. Oui mais...

Une dernière étude de GFK/Médiamétrie montre que les ventes de télévision connectée ont fortement augmenté depuis un trimestre (40% de progression) au point qu’aujourd’hui, 10,7 % des foyers français sont équipés, soit près de 3 millions. Malgré cette progression particulièrement spectaculaire des ventes du notamment au fait que dans les offres haut de gamme, toutes les nouvelles télévisions sont connectées, les usages restent encore très limités. Une étude du Cabinet Strategy Analytics montre par exemple qu’en Europe, 33% des TV connectées ... ne se sont pas connectées. Ce phénomène, comme l’explique cet article, tient à fait que l’offre de contenu spécifique est encore extrêmement limitée en Europe et que les utilisateurs ont tendance à se cantonner à quelques applications particulièrement prisées comme Youtube ou Facebook. Autre handicap de la télévision connectée, la concurrence des box ADSL dont les français sont nombreux à être dotés et qui offrent des services assez similaires (VOD, catch-up TV, jeux, Web, applications...), voire plus intéressant comme des offres de télévision sociale.

Télévisionconnectée France Usages

Guardian / Le problème de la politique par et pour les nerds

Dans une tribune publiée dans le Guardian, Cory Doctorow, un des fondateurs du célèbre blog de culture web Boing Boing, nous livre ses réflexions critiques sur le rapport qu’entretiennent aujourd’hui ceux qu’on appelle les geeks à la politique. Depuis quelques années, ces férus d’informatiques et de réseaux, parfois extrêmement spécialisés, s’expriment abondement sur les questions touchant aux questions de liberté individuelle sur les réseaux ou de propriété intellectuelle sur des œuvres numérisées allant jusqu’à créer des organisations politiques présentant des candidats à des élections comme le Parti Pirate en Allemagne ou en France. Si cette attitude consistant à apporter leur expertise pour s’exprimer, voire mobiliser les citoyens sur des questions numériques apparaît utile, voire salutaire pour Doctorow, il met en garde les acteurs de ces mouvements contre deux écueils : le premier qui consisterait à diluer leur cause dans la fréquentation des institutions de pouvoir qui les conduiraient petit à petit à chercher des formes de consensus et plus grave encore de confondre moyen et fin. Plutôt que d’autonomiser un champ politique qui conduirait les militants à intervenir directement auprès des pouvoir publics, Doctorow plaide pour une immersion de ces causes politiques dans des formes plus traditionnelles d’actions politiques. Cette prise de position est d’autant plus importante qu’elle vient d’un acteur particulièrement connu et respecté de cette « culture geek ». 

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