27 nov 2012
Décryptage

L’Internet des objets. Humains, machines, objets, animaux : tous connectés pour le meilleur ?

Cette veille présente plusieurs articles synthétiques et pédagogiques de présentation et de réflexion sur l’Internet des Choses à la fois au plan des technologies et des objets concernés ainsi que sur les chiffrages et l’économie des usages à venir.

Alors que les travaux de la commission « Normalisation et Innovation » de la Fédération Française des Télécoms se portent sur la numérotation des services de M2M, le champ de l’Internet des Objets est en plein essor. Ce domaine d'innovation fait beaucoup parler de lui notamment avec la tenue de plusieurs événements comme la 4ème édition de la conférence  Internet of things des 12 et 13 novembre derniers à Bruxelles ou l'événement à venir LeWeb qui se tiendra à Paris les 4, 5 et 6 décembre 2012.

L’une des toutes premières expériences d’Internet des Objets fût réalisée en 1990 avec un toaster relié à Internet alors que le web n’existait pas encore. L'Internet des Objets concerne aujourd’hui à la fois l’extension d’Internet à des objets et des choses du monde physique. Ce concept peut s’appliquer également à des objets communicants en champ proche comme par exemple avec le NFC. Il y a aujourd’hui selon les chiffres du GSMA, 9 milliards de machines connectées et 6 milliards d’humains abonnés au téléphone mobile avec une estimation de Cisco à 50 milliards d’objets communicants d’ici 10 ans.

Présenté ainsi, l'Internet des Objets peut être raconté comme un dépassement des humains par les machines dans la fonction de communication. On a pris l’habitude de représenter l’Internet des Objets sous le paradigme du Smart Fridge imaginé dès 2000 dans le film A l’aube du 6ème jour joué par Arnold Schwarzenegger. L’Internet des Objets pourrait sembler devoir être cantonné à des visions de films de SF. D’autant que certains propos futuristes sur le transhumanisme laissent à penser qu’un homme augmenté par les technologies pourrait constituer le destin d’une humanité en quête d’immortalité.

A rebours de ces visions de Science Fiction qui cultivent la peur de la technologie et découragent les usagers de s’approprier davantage les dernières innovations, il s’agit ici de montrer la diversité de l'Internet des Objets. Un champ qui renvoie à la fois au terrain des objets communicants mais également aux dispositifs connectés à Internet.

Cette veille présente plusieurs articles synthétiques et pédagogiques de présentation et de réflexion sur l’Internet des Choses à la fois au plan des technologies et des objets concernés ainsi que sur les chiffrages et l’économie des usages à venir. On y apprend que si la problématique de l’Internet des Objets émerge à partir de 2003, certains rapports récents (CISCO) estiment qu’il nait véritablement entre 2008 et 2009, au moment où il y a désormais plus de machines connectés que d’humains. En 2010, le nombre d’appareils connectés a ainsi atteint 1,84 par personne si l’on prend en compte le nombre d’internautes.

A noter que ce ne sont pas uniquement les machines qui se trouvent désormais connectées aux réseaux de communication des humains mais également les animaux à travers les capteurs et puces dont ils sont désormais équipés, appareillages dont nous faisons régulièrement l’écho dans cette veille. Ainsi plus encore que l’internet des objets ou le M2M, il va s’agir de décrire une connexion étendue aux êtres aux choses et aux espèces et que l’on doit penser de façon raisonnée, sans panique morale ni prophétie dramatisante, pour un bien-vivre ensemble, pour le meilleur des compagnonnages.

FFT / Réponse de la FFTélécoms à la consultation de l'ARCEP sur la nouvelle numérotation mobile

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On pourra lire dans ce document la réponse détaillée de la Fédération Française des Télécoms à la consultation publique lancée par l'ARCEP le 25 avril 2012 concernant  la réorganisation des numéros commençant par 06 et 07. La nécessité d’une réorganisation est liée au risque de saturation du plan de numérotation mobile en raison du développement de la communication entre machines, le M2M. Le M2M y est défini comme la mise en relation de machines intelligentes avec un système d’information vers des réseaux de communication. Parmi les applications M2M répondant à des besoins fonctionnels spécifiques, la FFT cite la télé-relève des compteurs. Les opérateurs membres de la FFT ont répond favorablement à cette demande en préconisant l’instauration de nouvelles règles dont le but est d’assurer une gestion durable de la ressource en numérotation mobile. L’un des éléments mis en avant par la FFT est de limiter les impacts sur le consommateur de cette réorganisation. Sur la base d’un accord de l’élargissement de la numérotation à 14 chiffres, la FFT déclare vouloir ne pas inclure les terminaux connectés (tablettes...) dans cette refonte et d’effectuer un point d’étape en 2014. Et compte-tenu des contraintes que ces changements pourraient engendrer pour les consommateurs, elle souhaite élargir le délai de mise en œuvre de cette décision.

Numérotation FFT M2M

 

Avec ou Sans Contact / L’Internet des Objets sera multiple ou ne sera pas

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Pierre Métivier, fin expert de la technologie NFC et de l’Internet des Objets, présente dans son blog des réflexions pertinentes sur ces sujets.  Dans ce billet, l’auteur pointe la multiplicité de ce qui désigné sous un terme valise d’«Internet des Objets. » C’est tout autant la multiplicité des objets concernés que les secteurs porteurs qui est ici mise en avant. Internet of things peut en effet renvoyer soit à des objets conçus pour être connectés, soit à des réseaux et des outils pour connecter des objets, soit des infrastructures connectées comme des routes ou des réseaux de distribution de l’énergie. Ainsi, en reprenant une classification proposée par Jacques André Fines Schlumberger et Jestlan Hopkins, Pierre Métivier rappelle que différents types d’objets interviennent dans cet Internet des Choses. Aux côtés des objets muets, sans identifiant numérique, il faut compter des objets sourds (ou passifs avec Code barre, 2D, RFID passive), les objets bavards (actifs à la fois émetteur et récepteur comme avec les RFID active ou les capteurs) ou encore des objets participatifs (comme avec Arduino, micro-contrôleur open hardware). Les secteurs d’expérimentation sont nombreux également comme la santé. L’un des secteurs stratégiques de l’Internet des Objets est celui des Smart Cities. Dans ces villes intelligentes, il s’agit de réguler par exemple les flux d’automobiles par la mise en place de réseaux de capteurs communiquants sur les axes routiers ainsi que sur les automobiles, comme nous l’avons développé en détail dans notre veille sur la voiture connectée. Autre grand chantier, les Smart Grids ou compteurs intelligents qui en période de transition énergétique sont plus cruciaux que jamais pour développer une meilleure intelligence environnementale en permettant une connaissance proactive de sa consommation. Parmi les sujets soulevés par l’Internet des Objets demeure la question de la confidentialité des données personnelles captées et envoyées sur internet ainsi que les standards de communication. Ces chantiers sont en cours d’élaboration et le caractère parfois systémique des projets de ces machines intelligentes ne doit pas occulter la place des usagers et d’initiatives qui feront de l’Internet des Objets une réalité sociale. Et c’est notamment à travers le smartphone dans ses versions NFC que l’imaginaire des objets communiquants peut être le plus concrètement appropriable comme c’est déjà le cas en rapprochant le terminal d’étiquettes ou de cartels fournissant des informations complémentaires dans certains musées ou magasins.

Iot nfc smarticies smargrids

 

Futuribles / L’Internet des objets : le coût détermine-t-il les usages ?

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Cet article de Futuribles s’attache à questionner la trop lente socialisation de l’Internet des Objets, c'est-à-dire la difficulté de déploiement d’usages. Son périmètre d’application y est décrit depuis la Ville intelligente aux interactions simples entre des objets et des terminaux. La définition présentée ici – que l’on peut discuter car il existe comme il en a été question dans le billet précédent des objets connectés à travers plusieurs modes de communication - est celle d’une extension d’Internet à des choses et à des lieux du monde physique en y associant des étiquettes munies de codes qui peuvent être lus par des dispositifs mobiles sans fil. L’article s’intéresse ici aux freins économiques du développement des usages. Le cas de la domotique ou de la maison dite intelligente est significatif. Le coût de l’équipement d’un logement peut en effet aller de 30 000 à 500 000 euros en fonction de la taille du logement et des technologies choisies (achat des machines, configuration du réseau Internet, etc.). Autant dire que la Smart Home reste inaccessible. L’économie de l’Internet des Objets pourrait se développer sur un modèle de long tail en se généralisant à une multitude d’objets qui pourraient être rendus communiquants via les capteurs et puces. Ainsi, suivant Cisco et Ericsson cités par l’auteur, plus de 50 milliards d’objets seraient concernés par le M2M dans 10 ans. Cette prévision pose alors la question de la répartition du coût entre consommateurs et opérateurs réseaux des flux de données qui adviendra d’une connexion généralisée des machines et des objets en plus des problèmes d’infrastructure et de privacy. Ce dernier point représente un autre frein dans l’adoption de l’Internet des Objets. Nous pourrions rétorquer aux conclusions quelque peu rhétoriques de la fin de l’article autour de la problématique de la privacy convoquée désormais dans tout sujet d’innovation technologique que plus les projets seront portés par des citoyens pour des usages endogènes plus forte sera la confiance dans des dispositifs de captation et de communication de données dont ils restent in fine propriétaires comme c’est le cas dans des expériences d’internet des objets en open hardware.
iot économie usages

 

Business Garden / 7 technologies favorisant l' Internet des Objets

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Une autre série d’informations complémentaires pour tout connaître de l’Internet des Objets est apportée ici qui en concerne ses aspects technologiques. Les clés technologiques favorisant la réalisation de l’Internet des Objets sont exposées en 7 points. Sont citées d’une part les radio-étiquettes RFID, la communication en champ proche NFC ou la norme ZigBee (protocole radio basée sur la norme IEEE 802.15.4) en tant qu’elles rendent possibles des interactions de proximité sans fil à faible consommation électrique. Ensuite, l’auteur mentionne les cartes SIM embarquées qui vont permettent une permanence de la communication comme c’est le cas avec certaines liseuses. Puis,  Le cloud computing qui va rendre possible le stockage et le traitement de grands jeux de données issus des objets communicants. Puissance, miniaturisation et moindre consommation sont les logiques de progrès concernant les processeurs pour effectuer un traitement multitache. Le développement des capteurs embarqués dans les smartphones pour percevoir et interagir avec l’environnement direct constitue également une technologie désicive. L’auteur mentionne enfin les interfaces utilisant la conductivité du corps humain qui donnent lieu à une identification tactile des usagers pour transmettre des données. Typiquement, ce type d’identification biométrique et de communication utilisant le corps humain comme interface doivent être envisagées dans le souci du contrôle par l’usager. On appréciera la visualisation qui schématise en trois vagues le développement de l’internet des objets que ces technologies ont pu ou pourraient faciliter. La première vague concerne la mise en réseau des équipements électroniques, la deuxième vague la connexion des industries (automobile, énergie, divertissement, transport...) et enfin la troisième vague qui sera celle d’une société connectée par une interconnexion généralisée, la phase dite du « Networked Everything

Iot ZeeBee Interface Corps

 

Futurist Speaker / S’approprier les choses de l’Internet des Objets

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Des chiffres...beaucoup de chiffres sont proposés dans cet article non pour émettre des prévisions qui n’engagent que ceux qui les tiennent mais pour les discuter et les mettre en perspective réfléchie. Quand le GSMA estime à 24 milliards d'appareils connectés d'ici 2020, Cisco et Ericsson avancent le chiffre - on l’a vu plus haut - de 50 milliards dans les dix ans à venir. Selon l’auteur, tous ces chiffres devraient être revus...à la hausse. Il avance ainsi une étude de 2011 de Research Machina dont un graphique montre l’éventail de l’écosystème des choses connectables et les différents secteurs industriels concernés (transport, science, distribution en plus des secteurs bien connus de l’énergie ou de l’automobile). Les opportunités économiques des objets connectés sont réparties entre l’électronique grand public avec 445 milliards de dollars, l’automobile avec 202 milliards de dollars, la santé avec 69 milliards de dollars. Cette nouvelle ère de la connectivité de milliards d'appareils connectés dans le monde qui proviendra en grande partie du M2M ouvre un nouveau marché pour différents acteurs comme les opérateurs mobiles, les fournisseurs de périphériques, les innovateurs de services. Et selon ce rapport, l'industrie du mobile joue un rôle central dans cette vie connectée associant humains, machines et objets. Cette extension de l’Internet des Objets au profit de la connexion généralisée se double d’une prise en compte d’une gamme élargie de périphériques pouvant faire office de choses connectées. On a pris l’habitude de représenter l’Internet des Objets sous le paradigme du Smart Fridge imaginé dès 2000 mais d’autres périphériques dont certains déjà massivement utilisés peuvent être à la base de dispositifs communiquants. C’est le cas du GPS permettant des applications de repérage d’objets, des webcams, des capteurs de mouvement des iPhone qui a ouvert selon l’auteur le champ des capteurs (pression, chimiques, sonores) ou des spectromètres. Ainsi l’auteur imagine-t’il un réseau de capteurs, de caméras et autres périphériques connectés qui pourrait figurer un Internet des Objets déjà sous la main et qui permettrait de garder le contrôle via nos appareils sur notre environnement. Une réflexion à discuter mais qui pose la question : de quoi sont faites « les choses » de l’Internet des Objets ?

Iot capteurs GPS smartphone empowerment

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