17 déc 2013
Décryptage

LeWeb 2013 : séance de rattrapage en 5 temps forts

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Pour son dixième anniversaire, la conférence LeWeb réunissait les acteurs mondiaux de la technologie autour du thème "The Next 10 Years". Pendant 3 jours, plus de 50 conférences et 120 speakers n'ont laissé de côté aucune des petites et grandes tendances à venir. Petit Web vous propose sa sélection des moments forts à retenir.
Séance de rattrapage LeWeb13

À la table des géants du web

Les évangélistes des géants de la Silicon Valley (Twitter, Facebook, Paypal, Google, Evernote ou Uber, notamment) se sont succédés sur la grande scène du dock Pullman. Comme nous le confiait un habitué de l'évènement, "ce n'est pas à Paris qu'ils vont faire des lancements". Les conférences étaient plutôt l’occasion de présenter une vision et de faire le bilan de l’année écoulée. Seul Phil Libin, CEO d’Evernote, le carnet de note 2.0, a révélé en exclusivité les résultats d’EvernoteMarket, le nouveau segment e-Commerce de l’entreprise lancé en Septembre : 1 milliards de dollars générés et 30% des revenues totaux de l’entreprise.

Point commun de toutes ces entreprises : elles se sont largement réorganisées pour mettre les produits mobiles au cœur de leurs développements. Comme le souligne David Marcus, CEO de Paypal, le virage mobile constitue une « révolution organisationnelle » pour ces grands groupes : « nous avons profondément changé nos méthodes de travail pour remettre le mobile au centre du développement de toute l’entreprise » insistait quant à lui Michael Sippey, VP of product de Twitter.

Ces conférences aux allures de grandes messes ont été l’occasion pour les dirigeants d’exposer leurs visions pour la décennie à venir. Fort de ses récentes expansions en Amérique du Sud et en Asie, Uber veut devenir développer son modèle de réservation en ligne à d’autres services pour devenir « la première entreprise logistique urbaine » (Lire notre article à ce sujet). À l’instar de Paypal qui veut « rendre le paiement invisible », ces « 10 prochaines années seront celles de la fusion entre le physique et le digital » (Phil Libin).

Enfin, quand Loic Le Meur questionne ces grands patrons sur une éventuelle bulle Internet, tous répondent en pointant du doigt Snapchat et sa récente valorisation à 4 milliards de dollars, "Je ne dis pas que c'est une bulle mais simplement que des entreprises sont valorisés à des sommets sans générer le moindre revenu" (Travis Kalanick, Uber). Mais est-ce assez pour en faire oublier la folle valorisation de Twitter à 25 milliards ?

Le Futur de la télévision, vu de l'intérieur

La conversation entre Bruno Patino, vice-président des programmes France de Télévision et KC Estenson, vice-président de CNN, était l’un des moments les plus passionnants de cette édition. La logique ATAWAD (Any Time, AnyWhere, Any Device) est le plus grands défis des groupes de télévision. Il ne s’agit pas « de se battre avec les autre interfaces digitales mais nous devons nous y adapter et en tirer profit » raconte Bruno Patino. KC Estenson, vice-président de CNN a analysé ensuite comment le web mobile était devenu le terminal le plus constant à travers la journée : il représente désormais la pierre angulaire de l’offre de CNN (lire notre article à ce sujet). La chaîne est le premier distributeur d’information au monde : après avoir été pionner en 1996 avec son site, il domine maintenant la concurrence sur les réseaux sociaux (10 millions de followers et 7 millions de fans de plus que la BBC)

Côté hardware, France Télévision n’est pas en reste avec un stand mettant en avant une dizaine de start-up françaises. Nous avons été séduit par SteamRoot qui propose un service de Peer-To-Peer pour le transfert des flux Ultra-HD (ou 4K) : l’optimisation des réseaux face à des masses de données de plus en plus lourde est une condition sine qua non au développement de la télévision de demain.

Startup : la Silicon-Valley n’est plus seule

Les deux premières places de la Startup Competition ont été trustées par des start-up européenne. Le Quantified-Self était à l’honneur avec les gagnants polonais d’IntelClinics qui ont séduit le jury, composé notamment de Fleur Pellerin. IntelClinic vient de créer NeurOon, un masque qui réduit le temps de sommeil nécessaire par nuit. Grâce à des ondes émises sur le cerveau, NeurOon permet d’atteindre plus rapidement les phases de sommeil profond et ainsi de « gagner en productivité »: effrayante pour certains, cette technologie révolutionnaire a suscité l’emballement du jury.

En marge de cette compétition, le panel réunissant des entreprises Israélienne mettait en valeur la force de l’écosystème de la « StartUp Nation ». Affichant le ratio de start-up par habitant le plus élevé du monde, Israël tire les bénéfices d’un service militaire obligatoire qui favorise l’esprit entrepreneurial chez sa jeunesse (lire notre article à ce sujet). Le panel Moyen-Orient fait également salle comble : « nous avons traversé beaucoup de guerres et d’instabilité, nous n’avons pas l’électricité durant toute la journée mais c’est précisément cela qui nous pousse à être créative, à penser hors du cadre » témoignait Hala Fadel, présidente du MIT Entreprise Forum for the Pan-Arab Region. Ainsi, on découvrait Anghami, le Spotify du monde Arabe, et MarkaVIP, la première plateforme de E-commerce dans la région.

CrowdCompanies : la Sharing Economy au service des marques

Rebondissant sur le thème de l’édition londonienne de Le Web en Juin dernier, la « sharing economy » le lancement exclusif de CrowdCompanies était l’occasion d’explorer les manières dont les marques peuvent se rapprocher de leurs clients. CrowdCompanies est une structure de conseil qui ambitionne d’être le pont entre les entreprises et la nouvelle génération de « makers », ces « individus qui se substituent aux entreprises et commencent à produire et vendre des biens et services » (lire notre interview de J. Owyang, fondateur). CrowdCompanies propose une plateforme privée d’échanges entre leaders d’entreprises, startups, investisseurs et leaders d’opinion mais également des livres blancs, formations et workshops : « le but ultime, c'est de faire en sorte qu'individus, salariés et entreprises ne fassent qu'un."

Publicité vidéo : comment le MIT révolutionne le secteur 

Alors que les dépenses en vidéos passeront de 3% à 25% de l’investissement publicitaire en ligne d’ici 10 ans, Pierre Chappaz, président de l’agence EBuzzing, présentait une des clefs de son succès (lire notre article). L’agence derrière le succès de la campagne Évian utilise une base de données du MIT regroupant 100000 expressions de visages pour tester leurs vidéos en amont.  Cela permet de scanner très précisément la réaction de l’audience et de maitriser ainsi totalement l’expérience, « On peut ainsi introduire du rich-média au moment où l'attention du spectateur baisse ». Cette présentation fait écho au showcase de la startup Umoove qui propose un logiciel d’ « eyes-tracking » pour terminaux mobile. En analysant le regard de l’utilisateur, il est possible d’identifier les moments de perte d’attention de l’utilisateur et ainsi d’adapter le contenu publicitaire. Le but : créer des publicités plus efficaces, mais aussi plus agréables.

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