20 fév 2012
Publications et études

L'économie des télécoms vue par Didier Levy du cabinet Arthur D Little

Pour favoriser la croissance et l'emploi en France, il est nécessaire de repenser la fiscalité du secteur des télécoms, premier investisseur privé dans les infrastructures. C'est le principal constat de l'étude menée par le cabinet Arthur D Little sur l'économie des télécoms en France pour la Fédération Française des Télécoms (2011).

Pour favoriser la croissance et l'emploi en France, il est nécessaire de repenser la fiscalité du secteur des télécoms, premier investisseur privé dans les infrastructures. C'est le principal constat de l'étude menée par le cabinet Arthur D Little sur l'économie des télécoms en France pour la Fédération Française des Télécoms (2011).

Explications de Didier Levy, directeur chez Arthur D Little, qui a conduit les travaux de cette étude :

L'économie des télécoms en France par Didier... par FFTelecoms

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Arthur D. Little a mené récemment une étude pour le compte de la Fédération Française des Télécoms. L’objectif était de réaliser le 1er observatoire de l’économie des télécoms en France et de mettre sur papier, de manière factuelle, la forte contribution des opérateurs télécoms au développement de la France, à l’attractivité du territoire, au développement de l’emploi et à la génération d’investissements dans le pays.

Les enseignements de l’étude sont très nombreux. Un premier élément porte sur la forte contribution des télécoms à la vie quotidienne des Français et à l’attractivité du territoire et de l’économie. Un deuxième porte sur les niveaux d’investissement qui vont être générés par les opérateurs télécoms dans l’économie française dans les 10 à 15 années qui viennent. Un troisième portait sur les perspectives, à savoir la matérialisation de ces investissements en termes de retombées dans la génération de compétitivité pour l’économie française.

Aujourd’hui 91 % des Français ont toujours leur téléphone à portée de main. L’usage des télécoms et d’Internet est fréquent au quotidien. Par exemple, 1/3 des offres d’emplois est disponible uniquement sur Internet. Ce qui montre bien l’importance du secteur dans la vie quotidienne des Française.

Les usages ont énormément augmenté dans les années passées. Le principal facteur d’augmentation étant la data mobile, l’usage d’Internet sur son téléphone mobile ou sur son smartphone : l’usage de la data mobile a augmenté de plus de 50 % dans les 5 dernières années et les prévisions indiquent une poursuite de ce rythme vers des niveaux extrêmement importants dans les années qui viennent.

En parallèle, les niveaux de prix dans les services télécoms dans les 5 dernières années ont baissé de 7 %, à comparer avec les augmentations importantes des niveaux de prix pratiquées par d’autres secteurs, comme le métro, les services postaux, les péages, l’électricité… qui peuvent aller de 20 à 50 %.

Deuxième élément concernant la place des télécoms dans l’économie française, c’est de constater que les télécoms sont un fort pourvoyeur d’emplois. Il y a près de 300 000 emplois localisés en France dans le secteur : à peu près la moitié chez les opérateurs télécoms, le reste chez leurs sous-traitants.

Et le dernier thème porte sur l’attractivité de la France et la compétitivité du pays. 78 % des maires de communes rurales considèrent la disponibilité du haut débit comme l’un des principaux critères d’attractivité de leur territoire.

Selon une étude de l’université de Harvard, quand on compare la France à cinq grands pays européens et aux Etats-Unis, en termes de prix et de débits pour les offres Internet, la France est 1ère de la liste.

Les opérateurs télécoms, de manière conjointe, investissent entre 6 à 7 milliards d’euros par an dans les réseaux en France. Ce qui est plus que la somme des investissements réalisés dans les réseaux ferrés ou d’électricité en France. Ce secteur est donc le 1er investisseur privé dans les infrastructures. Cela représente 10 euros d’investissement par mois et par Français.

Si vous considérez ces 6 à 7 milliards d’euros d’investissements par an, et que vous les projetez sur 15 ans, qui est l’horizon d’investissement des opérateurs, on aboutit à un chiffre de 100 000 milliards d’euros qui seront investis au total par les opérateurs dans les réseaux. Ce qui donne la mesure de l’effort réalisé par les opérateurs.

En face de cela, il faut considérer la fiscalité qui pèse sur les opérateurs. Elle est de deux natures : la fiscalité classique des sociétés en France et une fiscalité spécifique qui pèse sur les opérateurs télécoms. Un chiffre extrêmement important est ressorti de l’étude : cette fiscalité spécifique en France s’élève à 1,2 milliards d’euros par an. Ce qui représente 20 % des investissements annuels des opérateurs dans les réseaux en France.

Qu’y a-t-il derrière cette fiscalité spécifique ? On peut citer deux exemples : la taxe sur la copie privée et la contribution des opérateurs télécoms à l’arrêt partiel de la publicité sur les chaines du groupe de France Télévision.

Il faut avoir en tête que les investissements générés par les opérateurs sont facteurs de compétitivité pour l’économie française. A titre d’exemple, si vous considérez les 100 000 milliards d’euros d’investissements sur 15 ans, entre 20 à 30 milliards – selon les estimations – devront être utilisés pour les réseaux de fibre optique, qui représente l’Internet fixe de nouvelle génération avec des débits extrêmement élevés. Nous estimons l’impact de ces 20 à 30 milliards 0,75 point de croissance en plus, ce qui est très élevé surtout dans le contexte actuel.

Et si vous transcrivez cette augmentation, on parle d’une génération de 100 000 emplois directs et indirects par ces montants. Ce qui vous donne la mesure des effets des investissements des opérateurs sur l’économie française.

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