15 juin 2007
Observatoire sociétal

Le téléphone mobile aujourd'hui : usages, représentations, comportements sociaux (Juin 2007)

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Découvrez le rapport final de l'étude de "Discours et Pratiques" pour la FFTélécoms (ex AFOM) "Le téléphone mobile aujourd'hui : usages, représentations, comportements sociaux"
Le téléphone mobile aujourd'hui : usages, représentations, comportements sociaux

En 2005, une première étude sociétale sur les usages et les représentations du téléphone mobile est réalisée par le GRIPIC à la demande de l’AFOM. Les travaux de recherche scientifique circulaient surtout dans le monde universitaire et certains comportements sociaux autour du mobile restaient à explorer. Les résultats de cette première édition ont connu un succès médiatique aussi important qu’inattendu, ce qui renforçait l’une des découvertes des chercheurs du GRIPIC : les gens étaient particulièrement curieux et attentifs à ce qui concernait l’introduction de ce nouvel objet de technologie dans leur vie quotidienne.

Deux ans plus tard, alors que l’équipement des Français frôle la saturation, que les évolutions techniques ont démultiplié les fonctionnalités du mobile et que les pratiques commencent à se diversifier, de nouvelles questions vives se posent. Le mobile n’a pas suscité de discours en terme de révolution (sociale ou technique), contrairement par exemple à l’informatique ou plus précisément à Internet. Il s’est plus discrètement glissé dans nos vies, occupant une place de plus en plus importante dans nos interactions de tous les jours et touchant nos pratiques de communication ordinaire.

Devenu comme peu d’autres objets techniques, ‘objet d’intérêt philosophique’ sous la plume de philosophes tels que Maurizzio Ferraris, Giorgio Agamben, ou Miguel Benasayag et Angélique del Rey, introduit dans le monde des arts visuels par des artistes expérimentaux qui en font un objet médiatique privilégié pour interroger notre rapport aux images, le mobile voit s’étendre les champs d’investigation qui le concernent.

Un mobile, ça sert à téléphoner !

Petite phrase désormais banale et qui semble rappeler sur un mode humoristique et souvent moraliste et que le mobile joue précisément aujourd’hui bien d’autres rôles ! Quel type d’objet faut-il considérer lorsqu’on parle du mobile en 2007 ? Comment ont évolué ses usages dans les différentes sphères de la société ? Menace-t-il toujours autant la civilité et les formes du vivre-ensemble comme le laissent penser certains discours et l’inquiétude exprimée concernant son usage à l’école ? Comment finalement analyser les ressorts de l’expérience mobile contemporaine ?
Autant d’interrogations qui nécessitaient de ‘retourner sur le terrain’, non seulement pour y observer des évolutions en cours, mais également pour introduire de nouveaux paramètres et décaler un peu le point de vue développé en 2005. Ainsi, par exemple, nous a-t-il paru important dans cette seconde édition de prêter une plus grande attention aux questions générationnelles, ou de prendre au sérieux la place du coût et des relations à l’argent qui se trouvent non pas à la marge mais bien au coeur des usages mobiles. D’autres thèmes sont venus du travail empirique, comme la décision de se pencher sur l’intervention du mobile dans l’esthétique quotidienne, non plus sousl’angle des représentations du mobile au cinéma, dans les fictions romanesques ou encore dans la publicité comme nous l’avions fait en 2005, mais bien du point de vue de ce que le mobile suscite par ses nouvelles fonctions : un renouveau des pratiques amateurs de production visuelle.

Réalisée dans le cadre de la société Discours & Pratiques, par trois chercheurs de la première équipe, Anne Jarrigeon, Joëlle Menrath et Julien Tassel, associés à Olivier Aïm et Camille Brachet, tous membres du GRIPIC, cette deuxième édition s’inscrit dans la suite de la première, dont elle prolonge les questionnements et reprend une large part de la méthodologie.

Comme en 2005, notre approche reste très qualitative et ne vise pas à produire de grandes lois macro-sociologiques, ni des catégories d’utilisateurs, mais se focalise sur les situations concrètes d’usage du mobile et sur ce qui, dans les discours, permet de saisir ses ‘imaginaires’. Associant observations directes dans des situations que nous avons voulues contrastées et significatives à la réalisation d’entretiens semi directifs approfondis, nous proposons un regard anthropologique sur les usages contemporains du mobile. Regard qui ne fait pas l’économie d’une prise en compte de la matérialité de l’objet lui-même et des productions audiovisuelles auquel il donne lieu.

Pendant six mois, nous avons donc réalisé une centaine d’entretiens auprès de jeunes (à leur domicile, dans leur établissement scolaire, dans les cafés, dans des squares selon leurs habitudes), de séniors (chez eux ou au restaurant), de familles (à leur domicile le plus souvent), et de personnes, hommes et femmes de tous milieux, entre 30 et 50 ans (à leur domicile, dans des cafés, dans des trains). Nous avons tenu à diversifier les localisations géographiques et avons pour cela étendu notre enquête à tout le territoire : nous nous sommes rendus à Paris et dans sa banlieue tout d’abord, mais également dans de nombreuses villes de province et leur agglomération (Aix-en-Provence, Lyon, Marseille, Quimper, Rouen, Strasbourg) pour les zones urbaines, dans le Beaujolais, en Creuse et dans des lieux de vacances (comme la station de ski de Serre-Chevalier) pour les zones ‘rurales’. 
Lorsque c’était pertinent, nous avons privilégié les situations d’observation suivantes :

  • Situations de vie au domicile
  • Situations actives dans la ville : les magasins
  • Situations de détente : parc, cafés, restaurants, promenades…
  • Situations d’urbanité exceptionnelles : fêtes, concerts, manifestations…
  • Situations de vie collective organisée : cour de lycée, cour de collège, hall d’université, musée…
  • Situations de travail observables dans la ville.
  • Situations de prises de parole spontanées au sujet du mobile : conversations de comptoir, café, réunions entre amis…

L’axe de recherche concernant le mobile comme ‘nouvel art multimédia’ s’est en outre nourri d’une étude d’un corpus de ‘pocket films‘ réalisés par les artistes dans le cadre des différents festivals (Pocket film organisé par le Forum des images ou encore le Mobile Film festival), mais comprenant également des films mobiles diffusés sur des sites internet comme Youtube et Daily motion, ainsi que les images, fixes ou animées, qui nous ont été montré au cours des entretiens focalisés sur cette question.
L’enquête auprès des adolescents nous a entre outre conduits à explorer d’autres formes médiatiques comme leurs blogs, ou leurs échanges sur MSN.

Ce rapport de recherche présente la synthèse de nos analyses. Nous adoptons pour en présenter les résultats les trois axes suivants :

  1. Les métamorphoses de l’objet mobile
  2. Les partages téléphoniques : les dynamiques collectives d’usage d’un objet individuel
  3. Actions mobiles et expériences contemporaines : l’intervention du mobile dans
  4. L’esthétique de la vie quotidienne

Vous trouverez en PJ, le rapport final de l'étude.

 

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