26 nov 2012
Observatoire sociétal

La place du numérique dans l’élection de Hollande et Obama

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Le citoyen connecté fournit des données et se prête aux segmentations, mais il est aussi un nouveau protagoniste des campagnes électorales, qui rompt avec une position spectatorielle l’assignant à un format, à un lieu et à une temporalité.

La victoire du Président sortant Barack Obama en novembre 2012 est attribuée notamment à une stratégie numérique basée sur des jeux de données de vaste ampleur, constitués à partir des activités en ligne des électeurs (data mining). Dans cette campagne databased, la stratégie de mobilisation d’Obama s’est adossée plus que jamais sur les pratiques numériques des citoyens.

En France comme aux Etats-Unis, c’est bien désormais la figure d’un électeur praticien du numérique qui est au cœur des stratégies électorales. Le citoyen connecté fournit des données et se prête aux segmentations, mais il est aussi un nouveau protagoniste des campagnes électorales, qui rompt avec une position spectatorielle l’assignant à un format, à un lieu et à une temporalité.

C’est l’un des enseignements de l’enquête ethnographique menée pendant la campagne en France pour la Fédération Française des Télécoms par Laurence Allard et Joëlle Menrath, aujourd’hui remis en perspective par l’actualité électorale aux USA.

Retrouvez les principaux résultats de l’étude « Vie intérieure et vie relationnelle des individus connectés » ci-dessous :

1.      Grâce au numérique, les citoyens ont tous leur manière propre de pratiquer activement l’information politique, et de refuser d’être de simples spectateurs.

2.      Les outils connectés permettent de transformer le devoir civique en bon plaisir numérique. Au travers de la gamme large des traitements du politique qu’il offre, Internet donne de la saveur au devoir civique. Mais, si le « LOL » ou le second degré est une autre clé d’entrée dans la campagne politique, surtout pour les plus jeunes, détourner la politique n’équivaut pas à s’en détourner.

3.      La télévision n’est pas pour autant déclassée par Internet : en France comme aux Etats-Unis, elle reste le premier vecteur d’information aux yeux des sondés. C’elle qu’elle est désormais une matière première pour des pratiques qui en transforment les formats et la temporalité et la mettent en partage.

4.      Le tabou du « parler politique » n’est pas levé par Internet. La réalité des pratiques ne va donc pas dans le sens de la représentation idéalisée d’un Internet où s’épanouirait le débat public. Au contraire, tout le travail expressif des internautes est au service de la certitude partagée selon laquelle, dans toutes les situations, « l’opinion politique est personnelle ». « L’évitement civique » constitue la norme sociale qui régit les échanges politiques sur les réseaux sociaux

Pour découvrir l’intégralité de cette étude, cliquez ici.

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