12 sep 2012
Décryptage

La France saisie depuis l’innovation technologique télécoms

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A la manière de la France vue du ciel, cette semaine observons notre pays depuis le point de vue de l’innovation télécoms. Tout comme la Terre éclairée par le Soleil, cette vision possède une face lumineuse et une face sombre selon certains analystes.

Projetons dans la lumière la création de deux géants français du cloud computing, secteur estimé à 3 milliards d’euros en 2016 ; création qui illustre une politique industrielle numérique stratégique puisqu’il s’agit de sécuriser par la même occasion des services sécurisés d’hébergement et d’accès en ligne aux données informatiques d’entreprises et d’administrations françaises. D’autres experts se focalisent sur la face sombre de l’innovation en France comme Dominique Boullier, professeur à Sciences Po Paris, qui critique de façon radicale, les effets de la rente des brevets, de la culture de l’annonce préférée aux réalisations concrètes ou de la tyrannie du retard dans un article décortiquant six recettes anti-innovantes qu’ils éclairent cependant par six conditions pour innover. D’autres liens nous mènent à une vision contrastée comme le « Web Index » mis au point par le co-inventeur du web Tim Berners_Lee afin de mesurer l’impact d’Internet dans 61 pays. Les indicateurs utilisés sont issus notamment des grandes agences internationales (ITU, World Bank...) et concernent les équipements, l’accès, l’accessibilité et les usages. Suivant cet indicateur, la France se place au 14ème rang avec une haute notation en ce qui concerne les infrastructures. Une infographie achève de figurer le portrait de la France saisie depuis les usages innovants des télécoms qui présente le bloggeur type âgé de 20 à 30 ans et recevant une moyenne de 16 visiteurs uniques par jour. Enfin, pour ceux qui souhaitent coupler mémoire et innovation, cette invitation de quelques start-up franciliennes à rencontrer leurs équipes autour de quelques animations (crowdfunding...) dans le cadre des Journées du Patrimoine des 15 et 16 septembre prochains.

Les Echos / Le Cloud Computing prend un nouveau virage en France

Cet article des Echos met en lumière les aouts français dans le secteur du cloud computing avec la création de nouvelles sociétés spécialisées en la matière. Outre les grands groupes qui en sont à l’origine, elles ont reçu un financement de 75 millions d'euros de la Caisse des dépôts. Les clients visés sont les entreprises et les administrations françaises pour des services d’hébergement et d’accès à distance sécurisés. Le « cloud à la française » comme le désigne l’article a été initié en 2009 pour proposer une alternative stratégique aux offres des géants étatsuniens. Stratégique en effet puisque les sociétés américaines doivent se soumettre à la loi antiterroriste du Patriot Act et sont dans l’obligation de fournir sur demande aux autorités américaines les informations stockées dans les serveurs. L’autre enjeu est d’ordre économique avec un marché du cloud computing qui est évalué à 3 milliards d’euros en 2016. Certains déplorent que ces géants français ne vont pas tant concurrencer les grandes entreprises installées en Françe dans ce domaine que les petites sociétés d’hébergement développées sans aide de l’Etat. Mais c’est bien cet engagement de l’Etat dans le cadre d’une politique industrielle du numérique qui est notable dans cette création de grandes sociétés françaises du Cloud Computing.

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The Web Index : mesure de l’impact d’Internet

Le co-inventeur du World Wide Web, fondateur et président de l’organisme certificateur des standards du web, W3C (World Wide Web Consortium), Tim Berners-Lee, a crée, dans ce cadre, un outil de mesure de l’impact d’Internet pour 61 pays développés, émergents ou en développement. Ce Web Index s’appuie sur des données issues des grandes agences internationales des télécommunications, de l’énergie, des banques pour mesure la couverture, la connectivité, l’équipement, l’accès et l’accessibilité pour différents types de handicaps, à Internet, au mobile, au réseau électrique ou au réseau bancaire ainsi que les indicateurs concernant les libertés civiles. Les usages par les citoyens ou par les administrations, dans différents secteurs d’activités (agriculture, éducation...) ainsi que les régimes de propriétés des contenus web (licences libres) sont également pris en compte à travers notamment les données d’une étude réalisée par la fondation de Berners-Lee, la World Wide Web Foundation.  Au terme du calcul de ces différentes données - accessibles en ligne sur le site du « Web Index » avec  leurs métadonnées - il apparaît que la France se place au 14ème rang mondial avant l’Allemagne (16ème) et après la Corée (13ème). Les pays en tête étant la Suède, les USA, le Royaume Uni, le Canada puis la Finlande. Des visualisations permettent de cerner finement un aspect du profil d’un pays par exemple en termes d’accessibilité pour telle ou telle type de population. A noter que la France obtient sa « meilleure note » en ce qui concerne les infrastructures de communication avec 80,35/100.

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Locita / Les chiffres 2012 du blogging en France

Disposer des chiffres du blogging en France peut s’avérer utile afin de dessiner le portrait type du bloggeur français en 2012. D’après cette infographie, on observe qu’il est âgé à 39% de 20 à 30 ans et qu’il utilise à 88% le Content System Management Wordpress sans recourir plus avant au plugin pour 62% d’entre eux.  Le nombre moyen de visiteurs uniques par jour est de 16 et se situe entre 0 et 100 pour 46% des bloggeurs sondés. On comprend dès lors mieux les attentes en termes de trafic (39%) ou de notoriété (30%) énoncés par eux. Ces attentes caractérisent de façon relativement symptomatique la tension à l’œuvre dans la pratique du blogging entre désir d’expression personnelle généralisée par Internet et quête d’audience sur le modèle des médias traditionnels. Ce portrait reste cependant quelque peu flou sur le genre dominant - masculin ou féminin ? - du bloggeur français ainsi que sur les domaines et secteurs plus spécifiquement sujets à billets en France.

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RSLN / Les start-up font leurs journées du patrimoine

A première vue, il semblerait exister peu de lien entre les journées du patrimoine et les start-up du numérique. Associer patrimoine et innovation technologique peut relever d’un paradoxe. En effet, l’innovation est – trop - souvent associée au futur plutôt qu’au passé. C’est pourquoi l’invitation à la visite de quelques start-up numériques lors des prochaines journées du patrimoine des 15 et 16 septembre prochains s’avère originale. Dans une définition très élargie du patrimoine, ces entreprises innovantes participantes de l’événement revendiquent leur appartenance aux lieux emblématiques de ce type de journée comme les musées ou les monuments. Des initiations au crowdfunding (financement participatif) ou à la création d’entreprise pour les 8-12 ans sont ainsi prévues au programme en plus de la visite des locaux et des échanges avec les équipes des start-up. L’initiative de conjuguer patrimoine et innovation technologique est pour l’instant cantonnée à l’Ile de France. Elle démontre cependant que le patrimoine industriel dans son histoire et dans ses formes contemporaines compte également dans cette manifestation culturelle.

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Innovacs : Dominique Boullier / 6 recettes pour ne pas innover

Dans le cadre des activités de Innovacs, Structure Fédérative de Recherche de 16 laboratoires de recherche universitaire grenoblois, Dominique Boullier, professeur en Sciences de la Communication au Médialab de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, a prononcé une conférence critiquant un modèle français de l’innovation et ainsi a épinglé « 6 recettes pour ne pas innover. » Il s’agit pour lui de remettre en cause quelques évidences managériales pour favoriser l’innovation comme un bien commun. Partant de l’hypothèse que le management contemporain a réduit suivant deux grandeurs, la performance et le buisiness, la pluralité des organisations, l’auteur pointe 6 idées reçues qui s’imposent comme une évidence et constituent pour lui autant de conditions d’échec pour l’innovation. « Big is beautiful » est la première d’entre elles et son impact sur l’innovation est parfois néfaste car elle entraine des coûts de transactions internes entre des entités de grande taille. L’innovation peut dans ces grands groupes prendre la forme d’un parcours du combattant peu propice son développement.  « Préserver la rente de la propriété industrielle ? » pointe la tension propre à l’innovation entre créativité et rentabilisation. La créativité est délicate à délimiter mais la réalisation matérielle d’une idée peut être l’objet d’un acte de propriété industrielle qui donnera de la valeur à l’entreprise sans pour autant donner lieu à une production en tant que telle de cette innovation dument brevetée. La focalisation sur la rente pour Dominique Boullier peut contribuer à plomber l’innovation. Quand la tradition et la vision au sein d’une entreprise se trouvent négligées, l’innovation peut également être empêchée par la destruction d’un savoir-faire historique ne permettant pas de valoriser la créativité interne. Une autre forme de tradition se met alors en place, « la dépendance de sentier » - troisième recette pour ne pas innover - qui consiste non pas à cultiver sa tradition d’innovation propre mais à adopter une conduite suiviste vis-à-vis des concurrents. « La tyrannie du retard » est également un syndrome français qui pousse à agir de façon parfois inconséquente au plan technologique car il est présupposé que le temps de l’innovation est celui du futur à venir et pas celui des usages au présent. Les effets du web 2.0 sont jugés à la fois précieux par l’expression, la contribution, l’information généralisées mais peuvent mener à une réification de la réputation 2.0 devenant seul indicateur sérieux pour la gestion des entreprises. Dès lors l’innovation peut devenir un simple acte de discours, l’annonce prophétique et le buzz entretenus sur les réseaux sociaux prenant la place des réalisations elles-mêmes. Le très juste concept « d’innovation d’opinion » s’avère donc la cinquième recette anti-innovation. Enfin, la première partie de l’article consacrée à tout ce qui tue l’innovation dans la pratique managériale du moment se termine par une vive critique des « pôles de compétitivité », qui concentrent l’intelligence collective en silos suivant le modèle républicain français et dont l’expertise montre qu’ils servent « avant tout à maintenir un ensemble d’entreprises à niveau avec des structures de coopération lourdes et restrictives ». La deuxième partie de l’article prend le contrepied de ces recettes pour ne pas innover et plaide donc pour six conditions favorisant l’innovation, à savoir la vitesse, le code ouvert, la culture métiers, la créativité, la conversation utilisateurs et le milieu coopératif. Six conditions que le lecteur peut découvrir donc plus avant dans la lecture de cet article décapant.

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