10 sep 2009
Economie

La Fédération invitée au séminaire gouvernemental "Numérique : Investir aujourd'hui pour la croissance de demain"

Yves Le Mouël, le Directeur Général de la Fédération est intervenu dans la table ronde sur les infrastructures et réseaux lors du séminaire "Investir aujourd'hui pour la croissance de demain" du 10 septembre 2009 organisé par Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique. Ce séminaire, inscrit dans le cadre des travaux menés par la Commission co-présidée par Alain Juppé et Michel Rocard, a réuni des membres du gouvernement, des élus locaux, des entrepreneurs… et a permis de débattre des priorités d’investissement dans le secteur numérique.

Le déploiement d’un réseau de nouvelle génération à l’usage de tout un pays pour succéder au réseau de cuivre qui depuis des décennies a su satisfaire à tous les besoins de la population, constitue un véritable saut quantique industriel qui soulève naturellement des obstacles très significatifs. Si l’on peut considérer que les difficultés technologiques et réglementaires trouveront certainement des solutions entre les acteurs privés et publics, la résolution de l’équation économique semble beaucoup plus difficile.

En effet, apporter la fibre à tous les foyers et toutes les  entreprises en France coûterait plusieurs dizaines de milliards d’euros sur la prochaine décennie (40 milliards selon certaines estimations). Or, l’investissement privé ne peut s’imaginer que dans l’hypothèse de modèles économiques rentables, ce qui ne peut être le cas de services sur fibre optique pour une part importante du territoire (20 à 25 % de la population française), même sur le long terme.

Les opérateurs sont là pour faire leur métier en résolvant l’équation : satisfaction des besoins/attentes des clients et rentabilité économique des projets. Quand on se donne l’ambition de couvrir tout le territoire avec de la fibre, trouver partout des candidats aux services de la fibre relève du possible, mais faire de ces futurs abonnés des clients rentables dans toutes les configurations, constitue un pari que ne relèveront certainement pas les opérateurs.

Il y a des zones suffisamment denses pour que les investissements privés avec un  retour sur investissement raisonnable, suffisent à apporter la solution, soit dans un régime de concurrence d’infrastructures, soit dans un régime de mutualisation plus ou moins étendue de ces infrastructures : tout cela est en train de se discuter, de se négocier entre opérateurs et pouvoirs publics.

Mais, il y a aussi aujourd’hui des zones blanches, sans couverture haut débit où amener la fibre est un challenge économique bien plus grand et où les opérateurs ne s’engageront pas seuls, à court ou moyen terme. L’investissement public est donc nécessaire et un premier objectif pourrait être de terminer la couverture ADSL et de préparer la montée en débit en apportant la fibre dans les villes et les villages jusqu’aux répartiteurs et à une partie des sous-répartiteurs, d’ici 2015. La desserte locale est une autre étape qui se fera de manière pragmatique : fibrer les écoles, les mairies, les services de santé, les maisons de retraite aura d’autant plus de sens qu’il existera des e-services pour l’éducation, la santé, l’administration, l’emploi, …L’Etat et les collectivités locales ont un rôle essentiel à jouer dans ces domaines, en s’appuyant notamment sur le tissu des PME compétentes et dans une logique vertueuse d’utilisation des moyens issus du Grand Emprunt.

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