1 juin 2011
Réseaux mobiles

La Fédération Française des Télécoms prend acte de la classification par le CIRC des ondes radio

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La Fédération Française des Télécoms prend acte que le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) a classifié les ondes radio comme « peut-être cancérogènes pour l’homme » (catégorie 2B). Le CIRC, organisme rattaché à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a évalué l’ensemble des connaissances scientifiques disponibles à ce jour sur les ondes radio et le cancer, comme il l’a déjà fait pour 900 agents et substances présents dans des produits de consommation courante.

Le CIRC a jugé que le niveau de preuve était restreint (« limited ») pour les utilisateurs de mobile concernant le gliome et le neurinome de l’acoustique et insuffisant (« inadequate ») pour tirer des conclusions concernant les autres types de cancer. Il a également jugé insuffisant le niveau de preuve concernant l’exposition ambiante ou environnementale du public aux ondes radio. Cette exposition est liée notamment aux émetteurs de radio ou de télévision, aux antennes-relais, aux émetteurs de police ou de pompiers, aux ampoules basse consommation et autres appareils domestiques.

En choisissant 2B, catégorie qui concerne 266 autres agents dont le café et les légumes vinaigrés, le CIRC indique que le lien entre cancer et ondes radio n’est pas démontré en l’état des données scientifiques acquises. Les ondes radio n’ont aujourd’hui pas la même classification que, par exemple, l’alcool, le tabac et l’amiante (catégorie 1 : « cancérogène »), ni que, par exemple, le trichloréthylène et les fumées des moteurs diesel (catégorie 2A : « probablement cancérogène »). A ce jour, une seule substance (le caprolactame) a été classifiée par le CIRC comme « probablement non cancérogène » pour l’homme (catégorie 4).
En France, sur la base des travaux de l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES, précédemment AFSSET), le Ministère de la Santé applique déjà une approche de précaution au téléphone mobile parce qu’il considère qu’aucun danger n’est établi, que des incertitudes demeurent et donc que les recherches doivent se poursuivre.
Réagissant à la classification du CIRC, l’ANSES indique d’ailleurs : « Les conclusions et les recommandations émises par le CIRC rejoignent les avis et recommandations déjà émises par l’Agence, notamment dans son rapport de 2009 ».

Les opérateurs de téléphonie mobile rappellent qu’ils appliquent, depuis plusieurs années, cette approche de précaution, par exemple en incluant un kit oreillette dans chaque coffret de téléphone mobile ou en informant les utilisateurs sur les précautions d’usage. Ils ont diffusé, à ce jour, leur dépliant sur la santé à plus de 30 millions d’exemplaires.
Les autorités sanitaires internationales (OMS, SCENIHR…), françaises et de nombreux autres pays ont déjà évalué si les ondes radio présentaient un risque pour la santé. Il revient maintenant à ces autorités sanitaires d’indiquer si elles font évoluer leur position pour chaque appareil et service émettant des ondes radio, compte tenu des niveaux d’exposition constatés et au regard de la classification qui vient d’être annoncée.

En images, l'interview de Jean-Marie Danjou, directeur général délégué au Collège mobile de la Fédération Française des Télécoms :

Interview de Jean-Marie Danjou à la suite de la... par FFTelecoms

Question : Jean-Marie Danjou, quelle est la réaction des opérateurs suite à la classification des ondes radios par le Centre International de Recherche contre le Cancer ?
Jean-Marie Danjou : Nous prenons acte de la classification des ondes radios par le Centre International de Recherche contre le Cancer. Elle vaut d’ailleurs pour l’ensemble des ondes radios, c’est-à-dire, pas seulement la téléphonie mobile, mais aussi la radio, la télévision et de nombreux autres appareils domestiques (ampoules basse consommation, four à micro ondes…).

Question : Que signifie cette classification ?
Jean-Marie Danjou : Le Centre International de Recherche contre le Cancer avait le choix entre 5 classifications. Il a décidé de classifier « peut être cancérogène », c’est-à-dire qu’il existe peut être un lien entre le développement de certains cancers et l’utilisation du téléphone mobile de manière intensive. Je note qu’il n’a pas classifié comme « probablement cancérogène » ou « sûrement cancérogène », qui sont d’autres classifications.

Question : Que change cette classification pour les opérateurs de téléphonie mobile ?
Jean-Marie Danjou :
Les opérateurs de téléphonie mobile appliquent déjà l’approche de précaution qui est recommandée par le Ministère de la Santé en France, et en particulier ils mettent systématiquement dans tous les coffrets des téléphones mobiles vendus dans leurs boutiques. Ils vont continuer à le faire bien entendu. De même informer massivement les clients, notamment à travers un dépliant « Mon mobile et ma santé », qui a été diffusé à plus de 30 millions d’exemplaires et qui relaient les recommandations du ministère de la Santé.

Question : Et au niveau international ? Que change cette classification ?
Jean-Marie Danjou : Au niveau international, c’est la 1ère fois que les radiofréquences sont classifiées. Cette classification de l’OMS concerne de nombreux produits, il y en a plus de 900 de la vie courante. Et la classification 2B touche en particulier les cornichons ou encore le café. En ce qui concerne la France, l’approche de précaution est déjà appliquée depuis de nombreuses années. Le ministère de la Santé en France est en avance de ce point de vue-là par rapport aux autres pays. Nous attendons de voir ce que le ministère de la Santé va indiquer suite à cette classification. S’il modifie son approche, les opérateurs bien entendu en tiendront compte.

Question : Comment allez-vous faire pour informer vos clients de cette classification ?
Jean-Marie Danjou : Aujourd’hui, les clients sont tenus informés en particulier par les sites Internet des opérateurs. Mais également par ce dépliant diffusé à 30 millions d’exemplaires. Sur les recommandations des autorités sanitaires, en vertu du principe de précaution, ces informations vont être complétées par l’avis du Centre International de Recherche contre le Cancer.

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