La Fédération Française des Télécoms considère que le eG8 constitue une opportunité unique de prise de conscience des réels enjeux du numérique de la part des décideurs publics

Le eG8, réuni à l’initiative du Président de la République les 24 et 25 mai 2011 à Paris, est une occasion unique de voir rassemblés dans un même lieu plus de 600 acteurs de l’Internet pour discuter des enjeux de la révolution numérique qui est en train de changer le monde. L’objectif annoncé est d’éclairer les dirigeants des 8 plus grandes puissances de la planète réunis à Deauville deux jours plus tard et de les alimenter en recommandations et avis. La Fédération Française des Télécoms voit déjà dans cette concentration de géants de l’économie numérique et de start-up innovantes une opportunité de partage et de prise de conscience du politique sur la nature de ces enjeux.
Il s’agit en effet d’embrasser à la fois les conséquences économiques et sociétales de la révolution numérique, mais aussi de prendre conscience collectivement de sa formidable dynamique et de son caractère universel pour mieux en tirer les conséquences à 3 niveaux :
- Au niveau français, il est essentiel que les décideurs publics, gouvernement, élus, régulateurs, administrations, collectivités locales, perçoivent à cette occasion la dimension mondiale des enjeux en matière de développement de services, de création d’emplois et de transformation sociale, afin de rechercher des réponses appropriées aux problématiques nationales qui sont posées, en particulier dans les domaines du droit social, de la fiscalité, ou de la réglementation. La création d’un écosystème favorable au développement de l’industrie numérique en France passe par cette prise de conscience d’une réalité mondiale à la fois porteuse de grandes opportunités, mais aussi de risques majeurs qui doit donc être traitée avec enthousiasme et sans naïveté.
- Au niveau européen, il est absolument critique que les instances communautaires, poussées par les états membres construisent un cadre d’action européen harmonisé, permettant un rapport de force équilibré, légitime et transparent entre les acteurs européens et l’industrie des services numériques nord-américains, d’une part et l’industrie des composants et des terminaux asiatiques, d’autre part.
- Au niveau mondial, le G8 ne surmontera pas toutes les difficultés d’harmonisation de positions entre ses états membres, mais il peut utilement se saisir de problématiques qui – à l’image d’Internet – transcendent les frontières et nécessitent de l’ensemble des pays une action commune et solidaire. C’est le cas par exemple pour la lutte contre la cybercriminalité qui au-delà du G8, pourrait faire l’objet d’une collaboration renforcée, multilatérale ou bilatérale, entre états, ou pour la gouvernance mondiale de l’internet qui reste aujourd’hui une ardente obligation.
Le numérique et l’Internet sont, dès aujourd’hui, à l'origine de changements dont personne n’imaginait hier l’ampleur et sont porteurs de révolutions dont personne n’anticipe ni la nature ni la proximité. Changements des modes de vie, changements des rythmes de vie, changements dans la manière d’informer et de s’informer, changements dans l’économie, dans la consommation, l’accès à la culture, l'accès au savoir, changements dans l'exercice de la démocratie, dans l’organisation du travail… Et nous ne sommes encore qu’au début de cette révolution: il y aura plus d’innovations numériques dans les trois prochaines années qu’il n’y en a eu durant les trois dernières !
Le eG8 est donc une occasion unique de faire un constat lucide et responsable et de mettre le monde des décideurs publics au rythme de la révolution numérique, en enclenchant ensemble, avec le monde de l’entreprise, une dynamique collective, vertueuse, ouverte, concertée et intelligente. Nous savons désormais qu’Internet est un remarquable accélérateur de la croissance dont de nombreux pays ont besoin pour sortir de la crise : il est donc indispensable de favoriser son développement, en assurant les conditions d’une répartition équitable des richesses qu’il génère. Il faut cesser de considérer Internet comme une simple péripétie technologique : Internet est devenu le monde réel d'aujourd'hui auquel tout le monde souhaite avoir accès. Mais, ce monde n'est pas celui du "tout gratuit" et avec l'explosion des usages, son modèle économique doit être revu en responsabilisant tous les acteurs de la chaîne de valeur. La recherche du juste équilibre dans le partage de la valeur entre ceux qui investissent dans les réseaux, aujourd'hui, majoritairement les opérateurs, ceux qui fournissent les services et ceux qui les utilisent, doit désormais être au coeur des débats.









