26 juin 2012
Décryptage

La connexion à code ouvert

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De la médecine à l’automobile qui commencent à privilégier les logiciels open source en passant par le travail où se pose de plus en plus la question de l’usage des réseaux sociaux ou par l’industrie de la culture et des médias de plus en plus poussé par le numérique, il devient de plus en plus urgent de former les futurs salariés, les producteurs et les citoyens aux problèmes fondamentaux suscités par ces technologies.

Cette réflexion vaut pour les principes de l’informatique qui doivent être intégrés dans les enseignements dés le plus jeune âge comme pour les questions liées à la privacy qui suscite de nombreuses interrogations. L’informatique et les réseaux télécom se sont donc bien installés dans toutes les activités humaines et commencent à répondre à des problèmes de plus en plus complexes.

Le Monde / L’informatique est une science bien trop sérieuse pour être laissée aux informaticiens

Cet article extrait de la rubrique « Idée » du quotidien Le Monde et rédigé par trois grands spécialistes français de l’informatique, revient sur l’importance de l’apprentissage de l’informatique à l’école et pas seulement de l’initiation à la bureautique ou au maniement de logiciel commerciaux. L’enjeu pour eux va bien au-delà de l’approche outillée de cette discipline et pose des questions particulièrement importante tant du point de vue de la place que prend l’informatique aujourd’hui dans le processus de travail et dans la compétitivité de l’industrie française que dans la citoyenneté même. Allant à contre courant des usages en cours dans les écoles, ils expliquent que « se familiariser avec des outils informatiques particuliers, c'est se familiariser avec des outils qui seront très vite dépassés ». D’où la nécessité de maîtriser le petit nombre de concepts (information, langage, algorithme par exemple) qui sont autant de concepts permettant de comprendre le monde présent et ses évolutions. Prenant des exemples très concrets comme le vote électronique, la dématérialisation de la culture, l’émergence de l’Open Data ou des Objets connectés, ils plaident pour que les élèves puissent s’initier au chiffrement, à la compilation de logiciel ou à la propriété intellectuelle à l’âge du numérique. Ces évolutions du travail, de la production, de la citoyenneté et de la société toute entière impose de considérer l’informatique non comme un savoir de spécialiste, mais impose de l’inscrire dans un continuum qui va du spécialiste au citoyen et qui nécessite de repenser l’apprentissage de cette discipline dont l’objectif doit être de garantir à tous des compétences fondamentales lui permettant d’appréhender les enjeux de cette transformation et de la modernité dans le contexte d’une société de l’information et du numérique.

Informatique, Education, Citoyenneté, Innovation,

Usine Nouvelle / L’avenir de l’industrie est-il dans l’open source ?

Cet article de l’Usine Nouvelle nous fait part d’une tendance de plus en plus forte dans nombreux secteurs industriels et au-delà même du secteur numérique à proprement parler, à s’orienter vers des technologies « open source ». C’est en particulier le cas du secteur médical ou de celui de l’automobile qui sont particulièrement soumis aux questions de fiabilité et de sécurité. L’article se réfère notamment à une étude parue dans The Economist et qui montre que, les appareils médicaux faisant de plus en plus appel à des logiciels complexes, sont soumis à des bugs, plantages voire des attaques numériques qui peuvent parfois avoir des conséquences dramatiques. L’article cite ainsi une étude qui montre que la moitié des appareils médicaux vendus aux Etats-Unis entre 1999 et 2005 ont été rappelés pour défaillances logicielles. C’est la raison pour laquelle les hôpitaux ont de plus en plus tendance à s’ouvrir à l’open source permettant aux fabricants de travailler sur des systèmes ouvert à la coopération et donc à l’amélioration des logiciels. Citant notamment l’OpenLab de PSA Peugeot Citroën, l’article d’Usine Nouvelle souligne que l’industrie automobile s’ouvre aussi à l’open source pour rendre l’automobile communicante et développer des standards ouverts d’informatique embarquée faisant interagir les voitures avec les conducteurs et leur environnement. Pour l’auteur de cet article, cette évolution s’inscrit dans un tournant assez significatif de l’informatique et de l’Internet des objets connectés qui va du développement du micro-contrôleur open source Arduino jusqu’à ce mouvement qui interroge la production et l‘innovation elle-même, celui des FabLab, ces ateliers de production où tout à chacun peut commencer à fabriquer lui-même ses propres réalisations sous forme de prototypes et bouleverser les processus traditionnels de production.

Compétitivité Open Source, Sécurité, Innovation, Coopération

Les Echos / Le marché des médias tiré par le numérique

Cet article des Echos rend compte d’une étude réalisée par le cabinet Price  Waterhouse Cooper qui montre que le marché mondial des médias et des loisirs sera largement porté par le numérique dans les années qui viennent au point que la question n’est plus, pour une entreprise, de s’interroger sur la pertinence d’adopter une stratégie digitale mais de savoir comment l’intégrer dans sa stratégie d’entreprise. Cette étude prévoit en effet un taux de croissance de plus de 12% d’ici à 2016 contre moins de 3% pour le secteur non numérique. Cette croissance sera pour l’essentiel tirée par la publicité sur internet (+15,9%), les jeux vidéos (+7,2%), et la télévision (+6,6%). Malgré ces prévisions optimistes, le Cabinet d’étude souligne le retard de la France en la matière (le marché devrait progresser de 3,4% par an en moyenne pour la France, passant de 55,4 en 2011 à 65,5 milliards d'euros en 2016) en précisant que cette croissance sera essentiellement portée par les pays émergents où elle atteindra 11% dans les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) et plus de 12% dans des pays comme le Vietnam, l'Indonésie ou le Vénézuela.

Prévision, industrie culturelle et média, croissance

Direction Informatique / Médias Sociaux personnes au travail : perceptions variables d’une génération l’autre

Titré « Médias sociaux personnels au travail : Perceptions variables d’une génération à l’autre », cet article du site Direction Informatique rend compte d’une étude réalisée par un fournisseur canadien de services liés au recrutement sur l’utilisation des médias sociaux à des fins personnels par les employés lorsqu’ils sont au travail. L’originalité de cette étude est de porter sur un large panel de personnes interrogées (160 000 personnes) et sur son extension géographique (30 pays à travers le monde). Un des premiers éléments que l’on peut constater à la lecture de cet article contredit un peu son titre même : on constate une assez grande homogénéité de la perception de l’usage des réseaux sociaux selon les générations en fonction des continents. Le facteur de différenciation vient plutôt des pays : au Canada, les personnes interrogées ont plutôt une mauvaise perception de cet usage alors qu’ils y seraient plus favorables dans l’Asie-Pacifique (13% en moyenne au Canada contre 48% dans le Pacifique) ; les pays européens se trouvant entre ces deux valeurs (31%). Concernant la productivité, l’accès de l’employeur aux données personnelles, etc. de profondes disparités internationales se font là aussi sentir et marquent les différences culturelles qui peuvent exister sur la perception des usages des réseaux sociaux en entreprise. Au-delà d’une approche essentiellement statistique, ces disparités doivent être étudiées dans une approche plus ethnographique mettant en évidence à la fois les rapports que les salariés et les entreprises entretiennent vis-à-vis des réseaux sociaux, mais au-delà de l’histoire de la relation au travail elle-même dans ces différents pays.

Etude, travail, réseaux sociaux

Media Bistro / Partagez nous trop de données de notre propre initiative ?

Une infographie intéressante cette semaine qui concerne la privacy sur les réseaux sociaux et en particulier sur Facebook qui montre que de nombreux efforts restent à faire pour former les citoyens à ces problématiques. Réalisée par le site « online-education.net », cette infographie interroge les données personnelles que nous partageons sur les réseaux sociaux. On peut y voir quelles sont les données les plus partagées sur Facebook (date de naissance, lieu de résidence, informations concernant sa santé, etc.), quelles sont les configurations de l’ouverture de leur compte ; informations mises en relation avec les niveaux de satisfaction, voire les craintes qui peuvent s’exprimer en la matière. Cette infographie révèle une fois encore s’il en était besoin la nécessité d’une éducation de chacun à ces nouveaux outils qui peuvent vite, sans aller jusqu’à la crainte de voir les cambrioleurs les utiliser, porter préjudice à leur utilisateurs.

privacy, données personnelles, réseaux sociaux

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