6 juin 2012
Décryptage

Innovations télécoms : expérimentations locales et succès globaux

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L’innovation technologique par expérimentation locale puis par élargissement progressif semble être le modèle choisi par les différents inventeurs de la semaine. C’est le cas par exemple au Congo, où les fetmocells vont être utilisées dans des villages éloignés de la capitale pour créer 50 stations de base en renvoyant des signaux émis par un réseau satellite.

Cette expérimentation locale d’usage en extérieur des femtocells ouvre plus largement des perspectives de déploiement de réseau de téléphonie mobile dans des situations d’urgence dans des zones extérieures sans couverture. C’est également la configuration locale qui a été choisie pour tester une application environnementale permettant de créer à partir de différentes données - pollution, trafic, météo, état de santé personnel – l’itinéraire le plus sain.

La ville de Nice sera le premier terrain d’expérimentation de cette application mais on peut imaginer que de nombreux citadins en France et dans le monde souhaiteraient pouvoir promener leurs enfants sans risque de mauvaise qualité de l’air grâce à une telle application. De l’expérimentation locale au succès global, des universités américaines ou de la Silicon Valley aux pays émergents, telle est la trajectoire des principaux sites de réseaux sociaux d’origine étatsunienne dont l’UIT livre une cartographie intéressante.

Des pays comme le Chili, le Venezuela et la Turquie connaissent des taux d’usage de Facebook désormais supérieur à celui des USA. Et ce sont plus d’un milliard d’habitants de la planète qui sont usagers de services de réseaux sociaux globaux comme Twitter ou YouTube. Des jeux d’échelle entre local et global se rencontrent également dans la dynamique de dissémination des informations sur Internet. Une étude du Max Planck Institute démontre ainsi que ce sont les personnes dites peu influentes, celles dont le graphe social est restreint, qui vont permettre à l’information d’être relayée le plus largement possible. Expérimenter à petite échelle mais innover grandement, tel pourrait être l’enseignement de la veille de la semaine...

Gigaom / Comment les femtocells connectent le Congo : une expérimentation outdoor à suivre

Les fetmocells, ces éléments de base des systèmes de radio téléphonie qui se connectent au réseau de l’opérateur mobile de son choix, sont souvent utilisés pour complémenter une couverture en intérieur à domicile ou en entreprise. L’expérimentation qui se déroule au Congo ouvre des voies nouvelles d’usage pour les zones rurales ou les situations d’urgence. Des villages entiers et des villes peu couvertes vont pouvoir bénéficier d’un réseau de téléphonie mobile jusqu’alors impossible en raison de l’éloignement de tours relais voire de leur inexistence. Il s’agit ici à la fois d’utiliser les réseaux de communication satellitaire de la capitale et les stations de base locales constituées par les fetmocells pour transmettre voix et données. Ce sont 50 stations qui à l’été 2012 seront testées avant un déploiement commercial dans le pays et d’autres régions africaines. De façon plus générale, cette expérimentation ouvre des perspectives de développement de réseau de téléphonie mobile au plan local dans des situations d’urgence par l’envoi de fetmocells sans existence préalable de tours et sans nécessiter de connaissances spécifiques en ingénierie télécoms.

InnovCity / Nice teste une application pour choisir son itinéraire en fonction de la pollution urbaine

Cette brève nous apprend une utile expérimentation mobile en matière environnementale. Des chercheurs de l’Université de Nice Sophia Antipolis travaillent à la mise en place d’une application pour smartphone permettant de localiser les rues les plus polluées de la ville de Nice. A la manière d’un GPS, il serait ainsi possible de déterminer un itinéraire « sain » en fonction de son état de santé et notamment de ses maladies allergiques ou sa sensibilité aux différents types de polluants. A la différence d’une cartographie statique de la pollution, il s’agit de prendre en compte différents éléments dans leur dynamique : trafic automobile, météorologie et paramètres personnels de santé. Cette expérimentation s’inscrit dans le chantier de l’usage du mobile comme capteur de différentes données et de son usage pour l’amélioration de l’environnement. A sa mesure, le fait de choisir un itinéraire non pollué peut contribuer à la prise de conscience par chacun de la pollution comme problème de santé publique.

Environnement Santé Nice Application Pollution

Econsultancy / Les tendances mondiales des réseaux sociaux (UIT)

Ce billet s’appuie sur le rapport publié par l’UIT et s’attarde sur la géographie globale des services de réseaux sociaux. Si la connexion au téléphone mobile constitue une perspective heuristique pour documenter l’émergence économique de certaines régions, les services de réseaux sociaux forment un second baromètre significatif. D’autant que la connexion à internet s’effectue dans de nombreux pays émergents sous le mode Internet Mobile Only comme en Afrique, en Asie et en Amérique Latine. Il existe désormais à l’échelle de la planète, 1 milliard d’utilisateurs de ces services. Ainsi, la croissance d’un site comme Facebook est en grande partie effectuée dans les pays émergents en incluant également l’Amérique Latine et le Moyen-Orient. Ce qui contribue à ce que le chiffre d’affaires de l’entreprise américaine vienne pour moitié de l’extérieur du pays et que le taux de pénétration dans certains pays dépassent celui des USA comme au Chili, au Venezuela et en Turquie (85%). L’autre réseau social global est Twitter qui arrive en second place dans de nombreux pays mais doit contourner la censure dans certains pays comme la Chine ou la Russie, ces pays proposant des alternatives locales à Youtube et autres sites sociaux. Dernier enseignement, les services de niche comme LinkedIn ou Xing en Europe du Nord ou des services pionniers comme Cyworld en Corée du Sud qui offre l’achat de biens virtuels ou Mixi, réseau social mobile au Japon, ne sont pas en situation de concurrence frontale avec Facebook, qui doit gérer le tournant mobile de l’économie numérique.

SNS Global UIT

Atelier / Les personnes peu influentes, parfois meilleurs relais de l'information

La dynamique de circulation de l’information sur Internet est scrutée de toutes parts notamment au plan des Digital Humanities, ces sciences humaines outillées par l’informatique. Cette étude menée par deux chercheurs du réputé Max Planck Institute, a porté sur la diffusion de rumeurs sur les sites de réseaux sociaux et analysé quels profils d’internautes contribuaient à disséminer une actualité. Ce faisant, la notion d’influence digitale se trouve quelque peu reproblématisée. Sur la base de simulation informatique de propagation d’une rumeur, les chercheurs ont conclu à l’insuffisance de la circulation au sein des réseaux des personnes hyperconnectées et possédant un réseau puissant. A ces petits mondes d’ultra-connectés doivent également suppléer des réseaux d’individus moins connectés qui toucheront plus sûrement encore les quelques personnes avec lesquelles elles se trouvent en contact. C’est le modèle dit du "Push-Pull model", où sur des petits comptes les informations sont échangées régulièrement. A noter que dans ces réseaux de personnes peu influentes, c’est souvent un contact hyperconnecté qui peut relayer l’information d’un type de réseau à l’autre.

Information Réseau Simulation Influence

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