20 nov 2012
Décryptage

Innovations télécoms et usages endogènes : l’Afrique en pointe (Mcommerce, M2M, LTE...)

La problématique mérite d’être connue et certains chercheurs l’avaient pointé du doigt il y a quelques années. Aujourd’hui le rôle du téléphone portable dans ses différentes versions du plus simple au plus « intelligent » mais aussi de la communication M2M apparaît plus que jamais, vital dans le développement économique du continent africain.

La connectivité LTE est même parfois dans certains pays africains plus déployée qu’en Europe. Certains rapports de cabinets d’étude internationaux mettent en avant la montée du consommateur africain. Les indicateurs économiques sont prometteurs comme le synthétise l’article de Forbes qui ouvre ce focus africain.

Avec sept pays africains dans la liste 2011 du FMI les pays les plus dynamiques, le continent se développe plus discrètement mais tout aussi sûrement que l’Asie. Ce développement économique est en partie articulé aux réseaux télécoms avec 735 millions d’abonnées mobile pour une population de plus d’un milliard d’habitants, dont 200 millions d’africains ont accès à des services bancaires ou médicaux par le biais de leur portable. Le taux de pénétration des smartphones y est de 31% en comptant le Moyen Orient ce qui situe l’Afrique avant l’Amérique Latine. L’Afrique est le second marché mobile après la zone Asie-Pacifique.

La leçon des usages mobiles en Afrique nous rappelle que ce sont les innovations endogènes répondant à des besoins locaux sur des services et terminaux adaptées aux ressources des usagers, qui auront permis l’invention de la monnaie mobile, qui a eu pour conséquence la « bancarisation » de millions de pauvres permettant en 10 ans à 100 millions de personnes d’avoir accès à des échanges monétaires. Une innovation endogène dont l’usage est désormais plus développée en Afrique qu’en Europe avec notamment 33% de la population qui y pratique le mCommerce.

Il ne faut cependant pas oublier que si le portable est vital cela suppose que des choix financiers soient effectués au sein des familles pour disposer à tout prix de cet outil crucial pour les africains comme l’évalue une enquête menée au Kenya. Un outil au cœur de la vie de tous les jours pour tous les abonnés dans le monde et notamment en France comme le démontrent les études menées par la Fédération Française des Télécoms.

 

Forbes / L’Afrique en croissance

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Cet article du magazine économique Forbes rédigé par l’un des acteurs du mobile banking dit mBanking en Afrique, pointe les indicateurs de développement du continent africain. Il rappelle que depuis 10 ans, les taux de croissance en Afrique et en Asie sont proches sans que cela ne sache vraiment. Le FMI en 2011 a ainsi publié une liste des 10 économies les plus dynamiques dont sept pays africains (Ethiopie, Mozambique, Tanzanie, Congo, Ghana, Zambie, Nigéria) aux taux de croissance annuelle de 8% ou plus. Autre indicateur, le taux de mortalité infantile qui diminue significativement de plus de 4,4% par an dans 12 pays africains. Le rapport Mc Kinsey  d’octobre 2012 observe une classe moyenne africaine plus ample qu’en Inde avec en 2030 une prévision des dépenses de consommation qui pourrait s’élever à 2 milliards de dollars par an.  Le rapport consacre dans son résumé tout un chapitre au « téléphone mobile » et montre qu’il est sur ce continent bien plus qu’un simple moyen de communication mais offre de nombreux services dans le commerce, l’agriculture, la santé ou la banque.

D’ici la fin de l’année 2012, le GSMA estime à 735 millions les abonnés au mobile en Afrique. Le déploiement des infrastructures de type EASSy (Eastern Africa Submarine Cable System) qui va relier 21 pays africains, dont l'Ethiopie et le Soudan pour la première fois, au reste du monde, permet également de soutenir matériellement l’échange de données d’information par téléphone et internet mobile. Cette ossature technologique du développement de l’Afrique est soulignée par Forbes avec IBM ouvrant des bureaux dans 20 pays africains ou avec Google lançant un centre d’incubation de start up en Afrique du Sud. La révolution de la monnaie mobile est évidemment mise au centre de cette croissance stimulée par les réseaux télécoms avec 100 millions de personnes qui, en 10 ans, on pu avoir accès à des services bancaires alors qu’elles étaient hors du circuit traditionnel. Une centaine de services de mBanking existent sur le continent. D’ici 2013, 200 millions d’usagers de ces services mobiles bancaires devraient être comptés. Selon le cabinet Juniper Research. L’un des apports du mobile banking est la diminution de l’économie informelle et l’accroissement de recettes pour les Etats qui peuvent être réinvesties dans le développement social ainsi que l’ouverture d’un nouveau secteur d’emploi autour des services télécoms novateurs de finance, de santé, de commerce, d’agriculture, de mgouverment etc.

Mobile Afrique Développement

 

Cellular News / 750 millions d’abonnés en Afrique fin 2012

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Quand on comprend l’importance du téléphone portable dans le développement de l’Afrique ces dernières dix années, il est utile de connaitre plus précisément les chiffres du mobile sur ce continent. Ainsi selon les prévisions de Informa Télécoms & Media, il y aurait 750 millions d’abonnements mobiles au 4ème trimestre 2012 et les prévisions estiment à un milliard le nombre d’abonnés d’ici la fin 2015. Le taux de croissance de l’année 2012 est de 17,5% par rapport à l’année 2011 et fait du continent la région du monde la plus dynamique en ce domaine puisque la moyenne mondiale est de 10,75 % pour cette période.  Ainsi, l’Afrique est le deuxième marché mobile du monde après l’Asie mais avant l'Amérique latine, Europe de l'Ouest, Europe de l'Est, Amérique du Nord et le Moyen-Orient. Le nombre d’abonnement en Afrique est trois supérieur par rapport à l’Amérique Latine en 2011 par exemple. Il existe des perspectives de croissance encore importantes car le taux de pénétration en Afrique reste l’un des plus bas du monde avec 67,75% contre 91% en moyenne mondiale. Perspectives qu’il faut corréler également au sous développement voire une absence des infrastructures de réseaux fixes. Le déploiement de nouveaux câbles sous-marins intercontinentaux va permettre la mise en place des réseaux 3G avec déjà 5 pays africains (l’Angola, l’Ile Maurice, la Namibie, l'Afrique du Sud et la Tanzanie) qui ont lancé des services LTE récemment. L’Afrique sur ce terrain se place parfois en pointe par rapport à certains pays développés d’Europe. On compte ainsi 5 000 abonnés LTE en Afrique, ce qui en fait encore un marché de niche pour une clientèle  de hauts revenus.

Mobile Afrique Statistiques LTE

 

Digital Telefonica / Le M2M en Afrique, une question vitale

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Le déploiement des réseaux 3G voire LTE en Afrique se poursuit pour permettre aux usagers de communiquer et d’accéder à de nombreux services mobiles. Cet article met en avant le rôle joué par la communication machine to machine (M2M) sur le continent africain en matière de santé et particulièrement pour la lutte contre le SIDA. Il faut rappeler qu’en 2010, on comptabilise 34 millions de personnes infectées par le virus du VIH dont 23 millions en Afrique subsaharienne. Plusieurs initiatives de mHealth sont ainsi signalées dans ce billet comme la mise au point d’un kit comportant une imprimante et un logiciel de passerelle SMS sans fil permettant à des cliniques rurales de recevoir les résultats des test HIV et de les imprimer pour que les mères soient informées rapidement de leur état et que pour qu’elles ne transmettent pas le virus à leurs nouveaux nés elles soient pris en charge au plan du traitement rétroviral le plus rapidement possible. Ce sont ainsi plus de 20 000 bébés qui ont été épargnés six mois après le lancement du programme au Kenya, au Bostwana, au Zimbabwe, en Tanzanie et en Ouganda. Les maladies chroniques comme le diabète qui touche 7,5 millions d’adultes en Afrique peuvent également être traitées à travers des dispositifs connectés M2M et des applications mobiles permettant de surveiller certaines données médicales. Le marché M2M dans le domaine médical est ainsi ouvert en Afrique grâce au déploiement 3G et à la connectivité LTE à venir afin de développer plus encore des équipements médicaux pour tous les malades du continent.

M2M mHealth Sida Diabète Afrique

 

Expatforum / Usage du smartphone en Afrique

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Pour ce focus du mobile en Afrique et de son rôle vital pour la vie, la santé et l’économie des habitants, il est intéressant de connaître plus avant les usages et les terminaux utilisés. Cette infographie permet de découvrir des chiffres instructifs au sujet de l’équipement en smartphones. Avec 31% de taux de pénétration des smartphones en Afrique et Moyen Orient, l’Afrique se situe devant l’Amérique Latine (26%) et derrière la région l’Asie Pacifique (44%) et connait le plus fort taux d’augmentation dans le monde. D’autres données apportent un éclairage sur les pratiques d’mCommerce avec 33% de consommateurs mobiles en Afrique On peut également visualiser en détail les pratiques de mCommerce dans différents pays africains afin de mieux appréhender la spécificité propre à chaque pays en matière de paiement mobile. Ainsi en Tanzanie, 50% des usages de mCommerce concerne le rechargement de crédit, 38% les transferts d’argent et 13% le paiement de facture tandis qu’en Afrique du Sud, 12% achètent du crédit, 10% vont recevoir leur salaire et 8% lire leur relevé de compte.

Smartphone Afrique mCommerce

 

The Economist / Posséder un portable à tout prix

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Un rapport récent de iHub Technology, un incubateur de start up basé au Kenya, s’est penché sur les dépenses de téléphonie pour les plus pauvres. Sachant que le salaire journalier d’un ouvrier kenyan est de moins de 1 dollar, les auteurs de la recherche ont comptabilisé à 72 shillings kenyans (soit 84 cent américains) les sacrifices à effectuer pour conserver du crédit pour son portable. Cela suppose par exemple de sauter un repas ou marcher plutôt que de payer pour un billet d'autobus. Ainsi les dépenses pour les portables supposent parfois des choix budgétaires pour pouvoir envoyer un sms ou faire un appel. A noter que la valeur des communications en termes de données et non plus de temps de conversation est maintenant notifiée pour des usages de plus en plus importants d’internet mobile embarqué sur des puces et payés par des cartes à gratter. Wikipédia est également librement accessible depuis les portables pour attirer vers ce marché de l’internet mobile qui concerne 16% des personnes interrogées dans l’étude. Le service pionnier dans le mBanking, M-Pesa, qui a engendré 8,6 milliards de dollars au premier semestre de cette année est menacé d’une taxe de 10% sur les frais facturés lors des transferts d’argent. Or ce service s’adresse d’abord à ceux qui sont trop pauvres pour disposer d’un compte en banque et sa taxation les frapperait en priorité.

BOP MPESA Afrique InternetMobile

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