21 juin 2011
Réseaux mobiles

Grenelle des Ondes : les opérateurs répondent à la demande de vérifier les simulations sur le terrain

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Quand on réduit la puissance des antennes, alors, on réduit très fortement la couverture, en particulier à l’intérieur des bâtiments. Ce résultat très clair est issu des simulations.

François Brottes, Président du COMOP, a demandé à le vérifier sur le terrain. Pendant le COMOP du 9 juin, les opérateurs ont présenté un dispositif d'expérimentations qui répond à cette demande, ainsi que l’ont indiqué le Ministère de l’Ecologie et l’Agence Nationale des Fréquences.

Le dispositif expérimental présenté consiste à isoler quelques antennes, à modéliser et mesurer la couverture de chaque antenne, puis à comparer les résultats. Ce dispositif à l'avantage de permettre aux utilisateurs de mobile de continuer de téléphoner pendant les réductions de puissance.

Il part de l’idée que si les résultats des modélisations et des mesures se recoupent pour quelques antennes, alors ils se recouperont nécessairement à l’échelle de toutes les antennes.
Les mesures de la couverture seront effectuées pendant un parcours en voiture – ce qui permettra d’avoir des milliers de mesures pour chaque antenne et garantira la validité de la comparaison.
Après cet état des lieux, les puissances des antennes sélectionnées seront réduites sur le terrain, dans les mêmes proportions que dans les simulations. La couverture sera à nouveau mesurée sur des milliers de points et comparée aux résultats des simulations.
Les vérifications peuvent avoir lieu dans toutes les communes où l’ANFR et ses partenaires techniques (CSTB et ATDI) ont mené des simulations : à ce stade, Paris 14ème, Grenoble et Grand Champ et uniquement en 2G.
Les opérateurs sont ouverts à la discussion sur la base de ce dispositif d'expérimentations. Ils sont, de plus, favorables à expérimenter sur le terrain la réalisation des traitements des lieux potentiellement atypiques qui ont été simulés dans le cadre expérimental du COMOP.

Attention aux risques qui seraient liés à une opération expérimentale de réduction des puissances de toutes les antennes
Aux acteurs du COMOP qui demandent la réalisation à l’identique sur le terrain des simulations de réduction de puissance, les opérateurs ont indiqué qu’ils ne souhaitaient pas dégrader, de façon volontaire, la couverture et les services mobiles assurés aux utilisateurs. Les résultats des travaux techniques du COMOP sont, à ce stade, suffisamment éloquents :
- L’état des lieux montre que les opérateurs déploient des réseaux qui concilient déjà sobriété de l’exposition et qualité de service.
- Les simulations de réduction des puissances – à ce stade, réalisées uniquement en 2G – montrent des dégradations inacceptables (division par 5 ou 6 de la zone couverte en 2G à l’intérieur des bâtiments à Paris 14ème).
Par conséquent, les opérateurs ne souhaitent pas réduire les puissances des antennes pour réaliser sur le terrain les scénarios simulés, sauf à y être obligés par l’Etat et à être dégagés de leurs responsabilités et de leurs obligations pendant la réduction de puissance.

Au-delà des opérateurs, il serait difficile, au regard des résultats des simulations, d’assumer publiquement une opération expérimentale de réduction des puissances

En effet, elle pénaliserait plusieurs millions d’utilisateurs (dans le cas de Paris 14ème, toute la rive gauche de Paris et le sud des Hauts-de-Seine, soit plusieurs communes limitrophes qui n’étaient pas candidates au COMOP) et pendant plusieurs jours, en particulier dans les situations d’urgence (il y a plus de 20 millions d’appels d’urgence par an sur les réseaux mobiles dans notre pays).

Il y aurait, de plus, incohérence à vouloir réduire les puissances et dégrader la couverture au moment même où l’appel à candidatures a été lancé, le 15 juin 2011, pour les fréquences 4G et donc pour le déploiement de nouveaux réseaux, ceux de l’Internet mobile à très haut débit.

Enfin et de façon plus générale, quand on demande la réduction des puissances des antennes-relais, il est important d’avoir aussi à l’esprit les éléments suivants :
- Les autorités sanitaires (ANSES) ne recommandent pas de réduire les puissances des antennes dans leur avis de 2009. Elles alertent, au contraire, sur les conséquences de cette réduction pour l’exposition des utilisateurs de mobile – sujet sur lequel l’étude COMOP fait l’impasse.
- La réduction des puissances sur le terrain ne permet pas d’évaluer le nombre d’antennes supplémentaires à installer pour retrouver la couverture actuelle – ce qui est l’une des questions posées au COMOP. Seules les simulations permettent d’évaluer l’impact de la baisse des puissances sur le nombre d’antennes.
- La réalisation à l’identique des simulations sur le terrain ne permettrait de tirer aucune conclusion car il y aura davantage de réseaux et d’antennes en 2012 qu’il y en a dans l’étude COMOP.
- L’étude COMOP ne tient compte ni des antennes Free Mobile, ni des antennes 4G, ni des antennes « indoor », ni de la très forte croissance de l’Internet mobile. Rien n’est fait pour d’autres expositions aux ondes radio, pourtant bien plus élevées (15 V/m en moyenne à 30 cm des ampoules basse consommation, pouvant dépasser 60 V/m pour certains modèles d’ampoule).

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