3 juil 2012
Décryptage

Gouverner la cité à l’âge des données ouvertes et de la connexion généralisée

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Alors qu’un portail européen des données publiques vient d’être ouvert dans sa version béta riche, de plusieurs centaines de catalogues, il est intéressant de revenir sur les premières applications civiques lancées il y a près de quatre ans et d’observer l’état de ce chantier de la gouvernance outillée par le numérique connecté.

Il apparait que ce ne sont plus seulement les Open Data des institutions et des Etats qui soient concernées par ce chantier mais également les données générées par les utilisateurs de terminaux connectés et par les habitants des villes. Des Big Data issues du trafic mobile aux données environnementales capturées volontairement par des citoyens avec leur téléphone, c’est un éventail d’éléments de connaissance des flux globaux de population ou des niveaux locaux de pollution qui est ainsi généré et dont le traitement et la visualisation en retour pourraient permettre aux villes un développement durable. L’âge des données suppose également de s’inscrire dans une histoire plus longue des représentations graphiques qu’une récente exposition a permis de restituer. En complément de ce focus sur la gouvernance digitale de la cité dans un contexte de généralisation de la connexion, il est intéressant de prendre en compte les effets des crises économiques et financières en Europe sur la sédentarisation de l’usage du smartphone pour des questions de coûts.

Public Data / Le portail des données publiques européennes

Ce site présenté en version béta regroupe des centaines de catalogues de données issues de différentes institutions européennes ou différents services spécialisés dans l’Open Data.  Plusieurs secteurs sont concernés comme le budget, les transports, l’environnement, la santé, l’éducation, pi l’agriculture. L’on trouvera par exemple des données sur le nombre de bénéficiaires de prestations sociales en Essonne ou le nombre de véhicules abandonnés à Londres pour illustrer le degré de précision et de variétés des données ouvertes à la publication et surtout à leur réutilisations. C’est en effet sur ce dernier point que la dimension d’ouverture des données publiques se mesure tout autant pour informer les citoyens que pour permettre à des développeurs soucieux de la chose civique d’imaginer des applications mettant en valeur des éléments de connaissance utiles sur tel ou tel domaine. C’est pourquoi le type de licence est mentionné et qu’une section rassemble des applications déjà créées à partir des catalogues existants. Les publics qu’ils soient chercheurs, informaticiens ou habitants sont enfin invités à nourrir de leurs questions et de leurs réflexions ce site qui a été mis en place par un financement européen.

OpenData Licence Europe Applications

Fast Coexist / Comment créer avec le numérique de nouvelles collaborations entre citoyens et gouvernement ?

Cet article est rédigé par l’un des fondateurs d’une application civique pionnière « SeeClickFix » créée il y a quatre ans. Il s’agissait d’utiliser Internet et le téléphone mobile comme outils de dialogue entre les autorités locales et les citoyens. Avec cette application, les habitants d’un quartier ou d’une ville pouvaient signaler des problèmes en tout genre –décharges sauvages, routes mal entretenues, éclairages défaillants – à la municipalité. Suivant les chiffres avancés dans cet article, 60% des problèmes signalés via l’application auraient été résolus. Cette civic app fait désormais partie d’un consortium de développement « Open 311 » qui propose une interface d’application ouverte (API) - c'est-à-dire l’accès à des éléments de codes -  afin de permettre une plus grande créativité dans l’innovation des services locaux en partenariat avec les gouvernements, les médias et les habitants. De grandes villes ont imaginé des services sur la base de cette API ouverte comme San Francisco, Washington ou Boston et qui ont la particularité de se présenter dans l’éventail des missions d’urgence des municipalités signalés par le nombre « 311  » Entre volonté publique et imagination technique, le chantier des civic apps et de la gouvernance digitale locale reste largement ouvert et à déployer aux USA mais également dans d’autres pays comme la France.

CivicApp USA API local

Gigaom / Comment les Big Data pourraient sauver les villes d’elles-mêmes

La problématique des villes intelligentes devient prégnante avec la croissance démographique des populations urbaines et les nombreuses questions d’infrastructure, d’environnement ou d’habitat qu’elle engendre. Dans ce cadre, la capture, l’analyse et la mise en forme des données générées par le trafic automobile, la pollution, les flux de population peuvent s’avérer des éléments précieux pour « sauver les villes d’elles-mêmes », c'est-à-dire leur assurer un développement durable. Cet usage des Big Data pour mieux habiter les villes est rendu possible par le tournant mobile de l’innovation dans les technologies de communication. Capteur de données ou récepteur de leurs visualisations, le smartphone se révèle être le terminal idéal en complément des traitements opérés sur les serveurs. Sont citées ainsi des applications permettant de mesurer le taux d’émission carbone d’une activité, de prévoir les places de parking libres ou de prévenir la criminalité urbaine. Cet effet de feed back de la vie d’une cité de par les outils qui l’accompagnent peut permettre une forme de régulation endogène salvatrice pour le futur des villes qui sera « intelligent » ou ne sera pas.

SmartCity Big Data Mobile

Ecrans / 50 classiques de la dataviz

Le terme de dataviz fait désormais partie des notions liées au numérique et à internet.  Des expositions sont maintenant organisées autour des représentations graphiques de données en tout genre. Comme le proclame le slogan d’un site pionnier « Information is Beautiful » animé par le designer d’information David McCandless, mettre en visibilité des données relève d’un travail de création. La mise en forme des informations s’inscrit également dans les missions des journalistes à l’ère d’internet. Données de bonne qualité et mises en scène heuristiques confèrent aux dataviz le rôle d’un outil précieux pour ne pas céder  à l’infobésité. Cette exposition et le site qui lui est dédié organise de façon didactique un parcours dans les multiples formes de la dataviz, entre information et esthétique. Qui a dit que le savoir devait être ennuyeux et laid ? Avec le graphisme digital et le datajournalisme, la connaissance peut être autant belle qu’utile.

Dataviz Information NewAesthetic

Guardian / Comment les smartphones ne deviennent  parfois plus si mobiles avec la crise

Les effets des crises économiques et financières sur l’économie du mobile : voici une entrée en matière paradoxale car pour certaines firmes comme Apple réalisant 73% des bénéfices des constructeurs il n’existe pas réellement de menace. Certes des entreprises comme RIM ou Nokia connaissent des difficultés en raison notamment du tournant pris de l’équipement en smartphone à écran tactile dont Samsung et l’OS Android sont désormais les premiers vendeurs. Un équipement en téléphone « intelligent » qui devrait concerner d’ici 2016, pour le cabinet de consultants IDC, 90% des abonnés mobiles. L’article met en avant l’un des éléments économiques qui a permis l’essor de l’iPhone à savoir le forfait data qui a permis de fluidifier la connexion à l’Internet Mobile pour les premiers possesseurs de smartphones. Or selon IDC dans certains pays européens touchés par la crise, les nouveaux iPhone se vendent sans forfait data et sont utilisés de façon sédentaire à proximité d’un accès wifi. Le Portugal est notamment cité comme emblématique de cette sédentarisation forcée du smartphone et qui montre un découplage entre ubuiquité et connexion dans le monde du téléphone portable à observer plus avant.

Smartphone Mobilité Crise

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