Etude Interphone : pas d’augmentation du risque de tumeur du cerveau pour les utilisateurs de téléphone mobile
Les premiers résultats consolidés d’Interphone, la plus vaste étude épidémiologique menée à ce jour sur le téléphone mobile et la santé, ont été publiés mardi 17 mai 2010 dans l’International Journal of Epidemiology.
Lancée par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC, émanation de l’OMS), en 2000 dans 13 pays (Allemagne, Australie, Canada, Danemark, Finlande, France, Israël, Italie, Japon, Norvège, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Suède) cette étude visait à vérifier l’existence d’un risque entre l’usage du téléphone portable et les tumeurs du cerveau (gliome, méningiome), du nerf acoustique (neurinome de l’acoustique) et de la glande parotide (salivaire).
Les résultats publiés portent sur plus de 10 700 personnes : 2 708 cas de gliome, 2 409 cas de méningiome et leurs témoins respectifs. Les auteurs de cette étude ont conclu : « aucune augmentation du risque de gliome ou de méningiome n’a été observé en relation avec l’utilisation du téléphone mobile. Une augmentation du risque de gliome a été suggéré aux niveaux d’exposition les plus élevés, toutefois des biais et des erreurs empêchent d’établir une interprétation causale ». Ils appellent à la poursuite des recherches.
Ces résultats d’Interphone étaient très attendus. L’OMS, l’ICNIRP, le CIRC et plusieurs autorités sanitaires nationales se sont exprimées à leur sujet. Ainsi l’OMS a actualisé son aide-mémoire n°193 sur le téléphone mobile et écrit : « à ce jour, aucun effet nocif pour la santé n’a pu être attribué à l’utilisation du téléphone portable ». Elle encourage également de nouvelles recherches, en particulier chez les jeunes.
En France, le Ministère de la Santé et le Secrétariat d’Etat à l’Ecologie ont publié un communiqué le 18 mai 2010 en précisant : : « Les résultats (d’Interphone] ne mettent pas en évidence d’augmentation de risque liée à l’utilisation d’un téléphone portable. Ils s’inscrivent donc dans la ligne de l’ensemble des expertises nationales et internationales sur le sujet ».
De nouvelles études épidémiologiques sont déjà lancées ou sur le point de l’être. L’étude de cohorte Cosmos (Cohort Study Mobile Communications) pilotée par l’Imperial College of London va ainsi suivre pendant 30 ans, 250.000 utilisateurs de 18 à 69 ans, du téléphone mobile dans 5 pays du nord de l’Europe : le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède..
L’étude épidémiologique internationale CEFALO regroupe 4 pays (Danemark, Norvège Suisse et Suède):et vise principalement à déterminer si l’utilisation de téléphones portables augmente le risque de tumeur cérébrale chez les enfants et adolescents. L’analyse des données récoltées permettra également de découvrir d’autres facteurs de risque pour ce type de tumeurs.
Enfin, l’étude internationale MobiKids financée en partie par l’Union Européenne et coordonnée par, le CREAL (Centre de Recerba en Epidemiologia Ambiantal) qui comme pour CEFALO vise également à déterminer si l’utilisation de téléphones portables augmente le risque de tumeur cérébrale chez les enfants et adolescents. Ce projet regroupe 13 pays (Allemagne, Australie, Autriche, Canada, Espagne, France, Grèce, Israel, Italie, Nouvelle Zelande, Pays Bas, Royaume Uni et Taiwan)
Dans l’attente des résultats des études scientifiques, les autorités sanitaires internationales et nationales font des recommandations à l’attention des utilisateurs de mobile, comme par exemple téléphoner avec un kit oreillette.
Pour en savoir plus :
L’étude est disponible en ligne sur le site de la revue International Journal of Epidemiology.
- consultez l’étude Interphone
- consultez le communiqué de presse N° 200 du CIRC
L’OMS a réactualisé son aide mémoire n°193 (mai 2010) « Champs électromagnétiques et santé publique : téléphones mobiles » :
- consultez l’aide mémoire n°193 de l’OMS
- consultez la note de l’ICNIRP sur la publication Interphone / ICNIRP








