5 mar 2014
Décryptage

Entretien : le permis internet, opération de sensibilisation pour les CM2

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Inauguré en décembre 2013, le Permis internet pour les enfants est une initiative commune de la Gendarmerie Nationale et de l’association Axa Prévention, destinée à sensibiliser les enfants et leurs parents aux bonnes pratiques sur internet. Pour en savoir plus, Petit Web a rencontré Eric Lemaire, président d’Axa Prévention pour la FFTélécoms.
Permis Internet


Eric Lemaire - Président d'Axa Prévention

En quoi consiste ce programme « Permis Internet pour les enfants » ?

Des gendarmes interviennent dans les classes de CM2 pour une séance de sensibilisation aux risques numériques, avec l’accord de l’inspecteur d’académie et du directeur de l’école. Ils remettent un kit, qui permet à l’enseignant de mener deux ou trois séances sur le sujet, avant que le gendarme ne revienne pour faire passer l’examen du permis. 15 000 kits seront distribués par an, ce qui représente 450 000 enfants sensibilisés, soit 60% d’une classe d’âge.

Comment est née cette initiative ?

Ces dernières années, nous avons sensibilisé nos 15 000 employés sur ces sujets. De cette réflexion est née un Guide du Bon Sens Numérique, dans lequel 500 collaborateurs ont partagé leurs expériences et leurs bonnes pratiques sur le web. C’était la première pierre du Guide du Bon Sens Numérique, désormais disponible en librairies. Dans les réunions de sensibilisation que nous avons menées, les gens se sont montrés très intéressés par internet tout en voyant aussi les aspects inquiétants de l’outil. Deux questions reviennent souvent : « dans ma vie professionnelle, quelles sont les implications ? » et « pour mes enfants/petits-enfants, comment ça se passe ? » Après la mise en place du  Permis du Bon Sens Numérique sous forme de Quizz sur notre site, nous avons voulu aller plus loin dans notre engagement, d’où l’idée de ce partenariat avec la gendarmerie, avec laquelle nous travaillons déjà sur la prévention automobile auprès des jeunes.

Les parents sont souvent dépassés par ces sujets : d’après votre étude, 69% d’entre eux souhaiteraient avoir davantage d’informations. Quelle est leur place dans ce dispositif ?

Les enfants sont nés avec ces outils, mais pour leurs parents, il est plus difficile d'appréhender ces nouveaux risques. Leur rôle est donc difficile. Le dispositif permet de s’appuyer sur l’autorité du maître et de la gendarmerie, tout en impliquant les parents, qui signent le permis et reçoivent aussi un guide qui leur est destiné. L’objectif est d’initier une réflexion sur le sujet, d’interpeller. Les parents sont aussi invités à l’école pour la remise du permis, avec les gendarmes et parfois le maire de la commune. On essaye d’institutionnaliser l’événement au maximum, pour montrer que c’est un sujet important, validé par l’école, la gendarmerie et  les parents.

A parler de « risques » et de « dangers », ne risque-t-on pas d’adopter une posture anxiogène ?

Nous expliquons qu’internet est un formidable outil, dont on ne pourra jamais se passer. Mais attention, il y a des dangers potentiels, comme sur la route. Nous ne voulons surtout pas être anxiogènes. L’éducation au numérique est indispensable pour tout le monde. Ce n'est pas parce que l’on parle des accidents de la route que c'est anxiogène : c'est une question de prise de conscience. Notre discours est axé sur la responsabilité, pas sur la peur.

Le Permis Internet pour les enfants a été lancé en décembre 2013, quels sont les premiers retours ? Comment va évoluer ce dispositif ?

Ils sont excellents. Nous recevons des e-mails de parents d'élèves qui nous demandent des kits, des gens qui le veulent dans leurs communes. Ce dispositif est désormais étendu à l’ensemble des brigades territoriales de la Gendarmerie. Le Permis Internet est également disponible sur le site www.permisinternet.fr. Nous restons attentifs aux évolutions des usages d’Internet et  comptons mettre à jour régulièrement les contenus. Un exemple : des innovations comme les lunettes connectées vont susciter de nouveaux risques sur l’information et la vie privée, qu’il faut prendre en compte et anticiper.

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