21 nov 2013
Décryptage

Digiworld Summit 2013 : Entretien avec Fernando Beltran, professeur à l’université d’Auckland

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Fernando Beltran est venu de Nouvelle Zélande spécialement pour le Digiworld Summit 2013 : il nous livre ses impressions.
Entretien avec Fernando Beltran, professeur à l’université d’Auckland

Qui ?

Fernando Beltran, professeur à l’université d’Auckland, spécialiste des politiques publiques dans le domaine des réseaux d’information et de télécommunications.

Quoi ?

Une interview, à l’occasion de sa venue au Digiworld Summit de l’IDATE, qui se tenait à Montpellier du 19 au 21 novembre.

- Que retenez-vous de cet événement ?
C’est impressionnant ! Le Digiworld Summit parvient à rassembler les acteurs les plus importants du secteur, Français et Européens. J’ai beaucoup appris sur les sujets que l’IDATE qualifie de « Digital Gold Mines », qui permettent de comprendre toute l’importance de la Smart Connectivity, de la Vaas (« Video As a Service »), des « digital malls » et des questions de paiement, comme vecteurs de changements pour l’économie digitale dans un futur proche.

- Quel sujet vous amène au Digiworld Summit ?
Je présentais une comparaison entre BNB, le réseau de fibre optique Australien, et UFB, son équivalent Néo-Zélandais. A partir de données universitaires, d’entretiens avec les acteurs du secteur et d’informations officielles, mon but était de montrer les points communs et les différences entre les deux méthodes employées pour développer la Fibre Très Haut Débit (FttH) à l’échelle de ces deux pays. L’objectif à terme est d’offrir de nouveaux points de comparaison avec les initiatives locales en Europe sur ce sujet dans le cadre d’une étude que je mène actuellement en collaboration avec l’université de Ghent en Belgique.

- Justement, quelles sont les particularités du marché européen, en comparaison avec la Nouvelle-Zélande ?
La taille, pour commencer ! Taille est synonyme de complexité. Ici, le nombre d’entreprises de télécommunication non-traditionnelles a explosé au fil des années, à la différence de la Nouvelle-Zélande. La concurrence et la complexité du marché mobile sont sans comparaison. Mais nous avons de nombreuses problématiques communes, à commencer par les questions du déploiement du FttH, sur lesquelles nous avons beaucoup à apprendre mutuellement.

- Quelles sont les autres spécificités des marchés Australiens et Néo-Zélandais ? Quels enseignements pouvons-nous en retenir ?
L’Australie nous montre, par exemple, que la dimension politique est extrêmement importante : quand un gouvernement entreprend de transformer le secteur des télécoms sans prendre en compte les critiques de l’opposition, les choses peuvent devenir très compliquées le jour où cette opposition arrive au pouvoir. Résultat : l’Australie traverse actuellement une crise grave sur ce sujet, avec un plan national de déploiement du haut débit au point mort. A l’opposé, la Nouvelle-Zélande se distingue en montrant que la mise en place de partenariats Public/Privé pragmatiques est un élément nécessaire dans le succès d’une initiative de déploiement FttH : les objectifs de couverture du pays ont été atteints.

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