17 oct 2014
Décryptage

Cinq interventions à retenir du MipCom 2014

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Chaque automne, le monde de la production audiovisuelle se retrouve à Cannes à l’occasion du MipCom. Une occasion unique pour notre partenaire Petit Web de se plonger dans le futur de la création et de la diffusion de contenus avec les différents acteurs du secteur : chaînes, opérateurs télécoms, producteurs, marques…
Cinq interventions à retenir du MipCom 2014

Axel Kuschevatzky, Telefonica Studios : « les différents canaux de diffusion ne vont pas sa cannibaliser : ils vont cohabiter »

Telefonica Studios a été créé en 2013 pour fédérer tous les investissements de l’opérateur télécom dans les contenus au titre de ses obligations légales dans les différents pays où il opère : « quand on a réalisé qu’on faisait 12 à 20 films par an à travers toutes nos filiales, on s’est rendu compte qu’on produisait autant que des studios comme Paramount ou Sony !». L’objectif est de rivaliser avec des plateformes comme Netflix, afin de proposer des contenus exclusifs à ses abonnés. Sur sa première année d’activité, Telefonica Studios a donc investi dans 30 films, soit cinq de plus que son objectif à deux ans, en misant à la fois sur des contenus locaux et des films à ambition internationale, à l’image du très attendu « Regression », d’Alejandro Amenabar avec Emma Watson. Le studio s’intéresse désormais à la production de séries pour la télévision, alors que sa maison mère est en train de racheter Canal+ en Espagne.

« Nous nous devons d’être pertinents et de créer de la valeur pour nos différents services, avec des contenus exclusifs » résume Axel Kuschevatzky. « Les différents canaux de diffusion ne vont pas se cannibaliser : ils vont cohabiter. L’expérience sur chacun est totalement différente. Ce qui importe, c’est de produire du bon contenu pour chaque fenêtre de diffusion.»

Christian Kurz, Viacom (MTV, Nickelodeon) : « la télévision est plus forte que jamais ! »

Viacom, représenté par Christian Kurz, VP, Research & Insights, a voulu montrer que la télévision avait toujours un rôle dominant dans la consommation média de cette "génération disruptive" que sont les "millenials". Dans une étude menée dans 14 pays auprès de 10 500 personnes, 63% des téléspectateurs de 6 à 34 ans estiment ainsi que la télévision n'a jamais été aussi bonne, alors que 54% estiment que la télévision joue un rôle plus important dans leur vie d'aujourd'hui que dans le passé.

Autre surprise, qui va à l'encontre des idées reçues : l'écran de télé du salon est toujours l'écran préféré, devant les tablettes et les smartphones. Les PC arrivent bons derniers. La consommation à la demande est complémentaire de la télévision traditionnelle, mais ne s'y substitue pas. La télévision linéaire a donc encore de beaux jours devant elle, estime-t-il, distinguant deux comportements : le "nous", celui de l'expérience télévisuelle partagée et le "moi", celui de la télévision plus personnelle, flexible et portable.

Jill Wilfert, Lego : « Vous allez continuer à nous voir dans le domaine du divertissement et du contenu pour un moment ! »

"Nous sommes une entreprise danoise très conservatrice" a admis Jill Wilfert, VP of global licensing and distribution de Lego. Pourtant, Lego est l'exemple d'une marque qui a totalement embrassé la révolution numérique en quelques années pour transformer son modèle économique. "Les gens étaient demandeur de contenus et nous n'avions rien à leur offrir ! Lego est l'une des marques les plus populaires sur Youtube : les internautes créent des contenus fantastiques avec nos produits. Cela nous a inspiré."

La marque a commencé à créer des programmes courts, puis des contenus pour la télévision et enfin un film, The Lego Movie. Devant le succès du premier opus, deux autres long-métrages sont en préparation. Une série TV, intégrant un dispositif interactif via une application, est aussi en préparation pour 2015. Et de conclure : «  vous allez continuer à nous voir dans le domaine du divertissement et du contenu pour un moment ! »

Charles Zhang, Sohu.com : « le problème du piratage en Chine est désormais résolu »

"Miraculeusement, le problème du piratage en Chine, qui était une réalité depuis des années, est désormais résolu" a annoncé Charles Zhang, le fondateur et PDG de Sohu, géant chinois de la vidéo en ligne. "Bien sûr, nous n'y sommes pas à 100%, mais je dirai que 95% du piratage a été éliminé." Deux vagues de régulation, initiées avec Youku Tudou et Tencent, ont été nécessaires : une première en 2009 et une seconde en 2013, associant campagnes de sensibilisation auprès de l'opinion publique et action du gouvernement. Il faut dire que les moyens mis en œuvre par le gouvernement chinois pour contrôler internet n'ont pas vraiment d'équivalent... Pourtant, Charles Zhang, estime que l'internet chinois bénéfice de beaucoup plus de liberté que la télévision.

Avec la fin du piratage, le développent de l'internet mobile et à haut débit, ainsi que l'apparition de solutions de paiement sécurisées et la hausse des budgets publicitaires consacrés au web, le marché pourrait ressembler à un nouvel eldorado pour les producteurs de contenus. D'autant plus que l'année 2014 en Chine a été marquée par le succès de plusieurs séries étrangères jamais diffusées à la télévision ainsi que l'émergence de programmes spécifiquement conçus pour le web. Prochaine étape : « nous allons commencer à acheter les droits des films hollywoodiens. Les gens paieront pour ça, et vous verrez se développer de nouveaux business models. »

Ynon Kreiz, Maker Studios, filiale de Disney : « les contenus deviennent de plus en plus courts »

"Nous allons permettre à Disney d'étendre son activité aux contenus courts" a expliqué Ynon Kreiz, le PDG de Maker Studios, qui fédère 55 000 créateurs et 550 millions d'abonnés, dont Disney vient de faire l’acquisition pour 500 millions de dollars. "Beaucoup de gens font l'erreur de croire que les contenus courts sont comme les contenus longs, mais en plus court. C'est en fait un format à part. La façon dont vous le produisez, le consommez, le monétisez, le partagez est très différente des contenus TV. C'est une expertise à part." Surtout lorsque les formats courts deviennent de plus en plus courts : en moyenne, les vidéos proposées par les 100 premiers diffuseurs de vidéos aux Etats-Unis durent moins de 4 minutes, 25% de moins que l'année passée. "Et cela n'inclue même pas le mobile !" Même sur Netflix, où les contenus longs règnent en maitres, 90% des contenus consommés sur le mobile durent moins de 4 minutes.

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