25 sep 2013
Décryptage

Biométrie et vie privée : de l’empreinte corporelle à l’éducation au numérique

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Les débats suscités au sujet du remplacement du mot de passe par une empreinte digitale dans la dernière version d’un célèbre smartphone illustrent les craintes que font peser les technologies dites biométriques, c'est-à-dire d’identification à travers des caractéristiques biologiques, sur la protection de la vie privée dans son intimité corporelle même.
Biométrie et usages

Dans ce contexte, il est utile de rappeler quelques résultats d’enquêtes quantitatives récentes au sujet de la protection de la vie privée.

Entre méconnaissance, sentiment d’impuissance et fatalisme, les pratiques numériques semblent peu susceptibles d’être modifiées pour sécuriser la confidentialité des données personnelles. Ainsi 90% des français disent ne pas faire systématiquement attention aux règles de confidentialité et si 80% d’entre eux se disent mal informés par les réseaux sociaux et les moteurs de recherche de l’utilisation des données personnelles, 67% ne pensent pas que leurs données personnelles partagées sur Internet puissent être utilisées à mauvais escient. Il n’en est pas de même pour les données personnelles d’ordre corporel comme le montre la grande réserve exprimée par les français à l’égard des technologies biométriques dans une récente enquête du Crédoc. Seulement 27% des personnes interrogées se déclarent favorables à l'utilisation de données biométriques comme moyen de paiement et 32 % pour une identification par informations biométriques dans les équipements de loisir. Ce résultat corrobore les enquêtes ethnographiques d’observation des pratiques. En effet, il apparait si l’on peut faire corps avec son mobile ou sa tablette dans une relation symbiotique mais réflexive, le fait de devoir livrer son corps à une machine constitue une frontière plus difficilement négociable d’une vie privée s’accomplissant au quotidien avec le numérique. Une frontière dont des hackers ont voulu démontrés la porosité en perçant le dispositif d’empreintes digitales de ce nouveau modèle de smartphone au bout de quelques jours de sa commercialisation. Cet ensemble de données et de faits renforce la nécessité de faire de l’éducation au numérique une Grande Cause Nationale en 2014 comme la Fédération Française des Télécoms le propose avec la CNIL et 28 organisations partenaires d’un collectif engagé pour que chacun soit « un acteur du numérique informé et responsable afin d’« exercer de manière effective ses droits et devoirs dans cet univers. »

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