7 oct 2014
Economie

Accélérer la mutation numérique des entreprises : un gisement de croissance et de compétitivité pour la France | Rapport McKinsey

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Le numérique pèse substantiellement dans l’économie française. Pourtant, on observe un décalage dans son adoption entre particuliers d’un côté et entreprises de l’autre. McKinsey, dans son rapport, estime que si les technologies IP étaient pleinement déployées, ces dernières créeraient de valeur à hauteur de 1 000 milliards d’euros en France d’ici 2025.
Rapport McKinsey

Le numérique bénéficie à l’ensemble des agents économiques

La Fédération Française des Télécoms soulignait déjà dans une étude en 2013[1] le rôle critique joué par les opérateurs dans la chaîne de valeur des acteurs du numérique. Elle mettait ainsi en exergue le rôle des télécoms – sous-jacent indispensable de l’économie numérique – en tant que levier pour la croissance, la compétitivité et l’emploi.

Au-delà de l’impact sur ces agrégats, le numérique génère aussi des bénéfices tangibles pour l’ensemble des agents économiques, et notamment pour les consommateurs. Dans son rapport, le cabinet McKinsey estime ainsi le gain de pouvoir d’achat induit par le numérique à 13 milliards d’euros par an, soit environ 20€ par internet et par mois.

Malgré ces chiffres, le cabinet dresse néanmoins un constat en demi-teinte pour la France : en termes de contribution du numérique au PIB total en 2013, l’hexagone n’occuperait que la 8ème position sur les 13 pays étudiés (pays membres du G8, d’économies émergentes ou pionnières du numérique), soit un rang équivalent à celui qu’elle occupait déjà en 2010.

Des particuliers adeptes du numérique et des entreprises à la traine

En analysant les composantes du PIB numérique, McKinsey met en évidence deux points : le PIB numérique en France serait tiré par les consommateurs tandis que la contribution des entreprises en matière d’investissement privé afficherait un retard relatif.

L’étude rapporte en effet que 82% des ménages disposent aujourd’hui d’un accès internet à leur domicile, que près de 60% des consommateurs effectuent des achats en ligne (en croissance de 6% par an depuis 2009) et qu’environ 60% des citoyens français sont usagers de l’administration en ligne. Cette situation résulte notamment d’une infrastructure haut débit de qualité sur le territoire.

Bien que les particuliers aient largement adopté les nouveaux usages numériques, on note néanmoins un retard s’agissant des entreprises. Dans son rapport, McKinsey liste ainsi quatre points susceptibles d’expliquer leur retard relatif dans l’exploitation du numérique :

  • Des difficultés d’ordre organisationnel (ce point concernerait 45% des entreprises)
  • Un déficit de compétences numériques (31% des entreprises interrogées peineraient à embaucher des talents dans le numérique)
  • Des capacités d’investissements restreintes (avec 28% de marge brute pour les entreprises françaises contre 38% en moyenne dans les 28 pays de l’Union Européenne)
  • Un manque d’implication des dirigeants dans la transformation numérique de leur entreprise

Le numérique, un impératif nécessaire pour les entreprises d’aujourd’hui

Les entreprises aujourd’hui se doivent d’impérativement accélérer leur adaptation au numérique afin de pouvoir capter le potentiel de valeur induit par les consommateurs. Cette transformation numérique doit se faire à tous les niveaux de l’entreprise : de la conception à la distribution des produits et services en passant par leur production. Cette nécessité est induite d’une part par l’évolution des mœurs des consommateurs à l’heure du numérique mais encore par un besoin de rationaliser leurs coûts à travers une amélioration de leur efficacité opérationnelle.

La transformation numérique ne se cantonne pas au seul secteur tertiaire, elle est aujourd’hui une réalité dans l’ensemble des domaines économiques, y compris dans les secteurs primaires et secondaires même si elle peut présenter aujourd’hui des différences de maturité selon les secteurs. Le numérique induit des bouleversements dans les modèles économiques des acteurs traditionnels. Ces derniers doivent donc intégrer cette nouvelle dimension dans leur stratégie pour ne pas être évincé.

La transformation numérique, relai de croissance et de dynamisme pour l’économie française

Selon McKinsey, en offrant aux entreprises un écosystème plus favorable au numérique, la France peut espérer un surcroît de PIB digital de 100 milliards d’euros par an à l’horizon 2020.

Pour exploiter ce relai de croissance, des mesures destinées à accélérer la transformation numérique des entreprises françaises seront nécessaires. Cela passera notamment par une collaboration plus étroite entre acteurs publics, entreprises privées et acteurs de la société civile.

Lire le rapport


[1] Etude « L’économie des Télécoms en France », Arthur D Little pour la FFTélécoms, novembre 2013

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