3 juin 2013
Observatoire sociétal

1 jour, 1 idée reçue : les télécommunications ont-elles une seule vocation relationnelle ?

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Les technologies dites de « la communication » ne se réduisent pas à une dynamique relationnelle : elles sont devenues aujourd’hui un champ d’exercice privilégié de la vie intérieure.

Les discours recueillis au cours de l’enquête font apparaître un fait marquant : les interviewés parlent volontiers de leur équipement numérique dans des termes qui lient leur fonctionnement à celui de leur psychisme, comme si l’un et l’autre entretenaient désormais des relations d’interdépendance. Plus que des supports de la vie intérieure, les smartphones, un Facebook ou une boite mail en deviennent des formes d’extensions imaginaires, soumises à des fonctionnements comparables.

 « Je note tout sur mon BlackBerry pour ne plus l’avoir en tête »

« Quand il me manque une info, j’utilise mon smartphone, mon cerveau de rechange »

 « Cette affaire d’héritage de mes parents me fait beaucoup souffrir, alors que je devrais traiter ça comme un dossier qui arrive dans ma boite à messages »

« Quand je commence à regarder mes messages sur mon portable et mon BlackBerry le matin, c’est le signe que mon cerveau est en état de marche »

 Les pratiques ordinaires que l’étude a observées révèlent que les nouvelles technologies participent désormais d’un rapport actif à soi : SMS à soi-même en guise de « to do list », jeux mobiles pour se mettre en condition ou se « déstresser », photographies prises pour marquer un bon moment, téléphone mobile de chevet pour fixer les pensées nocturnes…

De la conversation avec soi à la conservation de soi

Les nouvelles technologies s’inscrivent dans la longue lignée de ce que le philosophe Michel Foucault appelait les « technologies de soi » qui ont traversé l’histoire depuis l’Antiquité : calepins, vademecum, carnets de voyage, … jusqu’au smartphone connecté.

Dans l’histoire des rapports à soi, ces différentes technologies ont non seulement pour fonction d’assurer une forme de réflexivité mais aussi un « maintien de soi ». Aujourd’hui, ce maintien de soi passe par des fixations des signes de l’identité, à travers de nouveaux lieux de mise à l’archive : boites mails, clés USB, disques durs externes, téléphones mobiles, cloud …

Les trésors de l’identité personnelle : Quand le club de foot de Jérémy, 28 ans, a été classé premier au championnat régional, il a fait avec son iPhone une photo de la page Internet, et depuis la conserve comme un trophée.

Retrouvez les réponses aux 9 autres idées reçues en cliquant ici. 

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