7 juin 2013
Observatoire sociétal

1 jour, 1 idée reçue : les technologies numériques favorisent-elles une dispersion de notre identité ?

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L’âge du numérique révèle le caractère composite de l’identité, mais n’en est pas la cause.

Adresses mails, statuts, pseudos, photos, chat … : les identités personnelles ont aujourd’hui des délimitations plurielles. Mais ce caractère hétérogène ne doit pas être confondu avec une dispersion pathogène.

Il ne faut pas ignorer que l’identité a toujours été une combinatoire en voie d’unification.  Certes, nos observations nous montrent qu’Internet et les technologies mobiles permettent de se livrer à l’exploration de facettes de soi : le mobile et Internet sont les supports d’une individuation, qui trouve avec l’écriture, la photographie, les contenus mis en ligne, de multiples matières pour s’extérioriser sur de multiples modes.

Mais la véritable rupture historique tient principalement aux moyens d’accéder aux jeux multiples de l’identité : aujourd’hui, les outils numériques nous permettent de documenter le déploiement ordinaire des facettes du moi, qui était auparavant inaccessible à l’enquête.

Le saviez-vous ?

Les grecs anciens avaient un terme commun, celui d’ hypomnêmata (littéralement « supports de mémoire »), pour désigner des textes de natures aussi différentes que des livres de comptes, des récits de vie, des carnets, des notes consignant des citations, des raisonnements entendus ou venus à l’esprit.

Ce sont aujourd’hui nos téléphones mobiles qui recèlent les traces hétéroclites du travail de l’esprit et des affects : souvenirs et projets, idées et sentiments, liste de courses et tâches professionnelles, images, chiffres et mots sont à disposition dans nos vade-mecum technologiques.

Comme les Hypomnêmata des anciens, qui ont été des relais importants dans le rapport de la réflexivité individuelle, ils constituant la personne dans « l’hétérogène », suivant les termes de Michel Foucault.

 
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