5 juin 2013
Observatoire sociétal

1 jour, 1 idée reçue : les services et outils numériques sont-ils le lieu d’une exhibition de soi inconsidérée ?

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Les pratiques des interviewés, de 14 à 80 ans, démentent l’idée d’une perte du sens de l’intimité : au contraire, le cœur de la compétence communicationnelle aujourd’hui est de contrôler activement ce que l’on souhaite montrer ou ce que l’on veut cacher.

Faire le tri dans ses SMS ou ses mails pour effacer tous ceux qui pourraient être mal interprétés, poser son mobile, écran caché, sur la table, pour éviter d’exposer aux regards ce qui s’affichent, paramétrer son smartphone pour que les SMS s’affichent sans mention de leur expéditeur, poster des statuts qui ne peuvent être compris que de quelques-uns, supprimer des photos sur son mur Facebook, ou se « détaguer » : ces stratégies sont devenues aujourd’hui courantes, et montrent que le travail de contrôle des signes de soi est constant.

La stratégie de prédilection des adolescents est celle de l’iceberg, qui consiste à ne donner à voir que la partie immergée d’un territoire de sens accessible seulement à quelques happy few.

Comme l’écrivent les anthropologues étatsuniennes danah boyd et Alice Marwick : « La plupart des ados ont réalisé que limiter l’accès au sens peut être un moyen bien plus efficace que limiter l’accès au contenu lui-même ».

 

Fabriquer quotidiennement ses apparences sur facebook :

Poster un statut, un commentaire, taguer, se « détaguer »… sont une façon comme une autre de travailler ses apparences. Une page facebook, comme un vêtement que l’on choisit ou auquel on renonce, est une couche de signes dont l’identité se revêt.

 
Retrouvez les réponses aux 9 autres idées reçues en cliquant ici. 

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